Pour son édition 2017, le Festival International de la BD d’Angoulême laisse une place certaine aux comics, avec des expositions (Will Eisner, la French Touch de Marvel…), des conférences thématiques (Wonder Woman) et des auteurs présents sur place (Dan Clowes, Chris Claremont) mais également les 20 ans d’existence de Panini Comics.

Ce n’est pas tout le temps que cela arrive: à la fin janvier, date traditionnelle du Festival International de la BD d’Angoulême est bien souvent capricieuse. Froid, pluie, parfois même de la neige… Mais en 2017 c’est un climat clément qui accueille le festival, amenant sans doute plus facilement des visiteurs curieux dans les rues de la ville et dans les « bulles » de la manifestation. La place et la reconnaissance des comics s’étant sensiblement améliorée au sein du festival ces dernières années (on se souviendra, par exemple, de l’exposition Jack Kirby), le cru 2017 continue sur cette lancée, avec une exposition Will Eisner omniprésente dans les discussions, saluée pour la qualité mais que, pressé par le temps et les animations, nous n’avons pas pu voir (coiffés au poteau : une trop grosse file d’attente devant le musée par rapport au temps qui nous restait). Damned! Heureusement elle reste exposée à la Cité de la BD jusqu’au mois d’octobre 2017, avec toutes les chances de rattrapage que cela offre… De fait, le festival proprement dit permettait également à l’éditeur Panini Comics de fêter ses 20 bougies à travers une exposition « La French Touch de Marvel » au théâtre d’Angoulême. L’éditeur aurait pu se contenter de quelques couvertures commandées à des noms « arty », mais l’exposition, au contraire, tente de réunir autant que possible le plus grand nombre d’artistes français travaillant pour Marvel et pas seulement dans les 20 dernières années (pour que les choses soient claires : j’ai produit les petits textes de présentation de l’exposition donc je me garderai bien d’estimer la valeur de celle-ci, sachant qu’on ne peut être juge et partie).

Ce vendredi, d’ailleurs, il y avait une véritable rencontre inter-générations, lors d’une séance de présentation ou Panini Comics accueillait non seulement les artistes participant aux couvertures variantes du 20ème anniversaire mais aussi… Jean-Yves Mitton lui-même. Sébastien Dallain, responsable de Panini Comics, en profitait pour sortir son exemplaire perso du Silver Surfer de Mitton (paru en 1980 dans les pages de Nova) un exemplaire qui finirait dédicacé par le maître… Pour ce qui est des dédicaces, l’éditeur recevait de nombreux talents, allant de Chris Claremont à David Aja, en passant par Paul Renaud ou Mahmud Asrar. Côté Urban, l’éditeur français de DC a joué de malchance car si son choix d’invité se portait sur Declan Shalvey et Jordie Bellaire, cette dernière devait déclarer forfait. La faute à pas de chance, donc. Du côté de Glénat Comics, on mettait l’accent sur la présentation d’un nouveau partenariat avec IDW, visant à coproduire des albums originaux diffusés des deux côtés de l’Atlantique. Au hasard des bulles on trouvait aussi les stands d’Akileos, d’Original Watts, de Wanga, de Scarce, de Connaître Chott, de Néofélis, des Éditions çà et là (avec Derf Backderf), de Délirium et d’autres encore. Peut-être que le grand public percevait moins, aussi, la présence d’éditeurs américains et anglais dans la « bulle » réservée au marché des droits. IDW, Top Shelf et Archie Comics faisaient stand commun, mais on trouvait aussi d’autres endroits consacrés à Rebellion (l’éditeur de 2000AD) ou à Lion Forge (jeune éditeur américain).

Samedi matin, la French Touch de Marvel se déclinait sous une autre forme avec une table ronde réunissant Jean-Yves Mitton, Paul Renaud, Jean-David Morvan et J.L. Mast, modérée par mes soins. Les invités balayaient un grand nombre de sujets, allant des débuts de l’atelier Lug à la manière dont Paul Renaud est traité par une certaine audience américaine quand il dessine Captain America: Sam Wilson, en passant au scénario de Civil War, presque écrit à l’identique par J.D. Morvan. Mast, lui, détaillait son travail pour les comics en turbomédia de Marvel, un secteur où proportionnellement, les artistes français ont la dragée haute. Et cela faisait plaisir de pouvoir projeter les couvertures de Jean Frisano sur la grande scène du FIBD. Le replay de cette conférence est d’ailleurs disponible ci-dessous.

Tout cela n’est qu’une partie des animations et rencontres comics proposées pendant ces quatre jours (Wonder Woman par la blogueuse Katchoo ou encore les traductions de comics dans les années 60/70 par Jean-Michel Ferragatti, connu des habitués de ce site pour sa rubrique French Collection). Globalement, il n’y avait pas que la météo qui était au beau fixe… En espérant que les éditions à venir continue sur cette lancée…

[Xavier Fournier]