[FRENCH] Le deuxième épisode de Walking Dead saison 3 confirme la tendance. Plus de tension, plus d’action et les personnages qui, de plus en plus, se demandent jusqu’où ils devront aller pour survivre. A commencer par une question importante: Quand vous croisez des tueurs au fond d’une prison, qu’est-ce que vous en faîtes…

Deux crises à gérer pour les héros de Walking Dead cette semaine : Le sort de l’un des leurs, amputé en urgence, et la découverte de quelques personnages pas forcément recommandables : Les derniers survivants des détenus de la prison. Et une partie d’entre eux n’ont pas vraiment des gueules d’ange. Entre les deux groupe, il va falloir trouver un terrain d’entente, un pacte, ou bien… s’entretuer. Et, forcément, c’est encore Rick Grimes (Andrew Lincoln) qui va devoir trancher (à plus d’un titre). La série montre bien, ainsi, l’évolution de la dynamique du groupe, même si on aimerait parfois que le scénario insiste plus sur l’hypocrisie de certains des héros. A la fin de la saison 2, la plupart des personnages n’étaient pas franchement heureux des manières de Rick, obligé de s’imposer en leader et d’établir qu’on n’était plus en démocratie. Mais finalement, comme le montre encore cet épisode, il est bien évident que tout le monde n’est que trop heureux de laisser les choix moraux délicats à Grimes. Le côté « peu importe ton choix, on sera de ton côté » est d’une certaine lâcheté, même si ce n’est pas franchement montré sous cet angle dans l’épisode. Mais globalement on a droit cette semaine à un chapitre dense, qui exploite à fond le côté claustrophobe des couloirs de la prison.

Le morceau de résistance, c’est bien entendu les relations avec les nouveaux venus (enfin non, parlons plutôt d’habitants antérieurs de la prison). Coincés au fond de l’édifice depuis des semaines, des mois, ils n’ont qu’une vision très tronquées des évènements, ne se doutent pas de l’état du reste du monde… Et ne savent même pas trop comment tuer un zombie. De ce fait, même un personnage jusqu’ici en retrait comme T-Dog (IronE Singleton) devient pratiquement un expert à côté d’eux. Et que dire de Daryl (Norman Reedus). Du coup Rick et ses ouailles sont presque obligés de leur donner des cours pour exterminer du « walker ». Cela renforce l’impression de l’épisode précédent : Après des mois passés à exterminer des cadavres ambulants, la petite troupe est maintenant expérimentée. Heureusement pas d’une façon qui ferait qu’on serait blasée. Mais ils s’adaptent à leur environnement et on a vraiment l’impression que les persos grandissent. Ce qui n’est vraiment pas un mal pour des gens comme T-Dog ou Carol, à peine bons à porter des cartons ou à préparer des jus de fruits dans la saison précédente.

Il semble loin le syndrome de la ferme d’Hershel, ces longs moments de déprimes monotones et de pleurnicheries pas toujours à la hauteur des évènements. Cette fois le scénario et la réalisation réserve encore un rôle de pleureuse à la majeure partie de la distribution féminine mais admettons que le contexte est carrément différent. Eprouvées, tentant de sauver un membre du groupe, Lori (Sarah Wayne Callies), Maggie (Lauren Cohan), Carol (Melissa McBride) ou même un peu (mais moins) Beth (Emily Kinney) doivent faire face et se montrent plus pragmatiques. Les méthodes de Carol pour se préparer au futur accouchement de Lori ne font pas dans la dentelle et le show continue d’explorer les limites du gore « grand public », avec encore une fois certaines choses qu’on ne s’attendait pas de voir de si tôt dans une série TV. Même si une petite dose d’Andrea et Michonne (totalement absentes cette semaine) n’aurait pas été un mal, c’est encore un épisode assez bon. Espérons que le reste de la saison s’en tiendra à cette trajectoire et qu’on évitera l’effet « ventre mou » en milieu d’année, que connaissent la plupart des séries…

[Xavier Fournier]