[FRENCH] Brian Reed semble très actif ces temps-ci, y compris au niveau de la périphérie de Secret Invasion. Outre Ms. Marvel et Secret Invasion: Brand New Day, il a aussi la tâche de sauver le format Frontline, bien lancé en son temps par Paul Jenkins mais finalement un peu laissé à lui-même à l’occasion de Word War Hulk. La trouvaille de Reed est d’introduire de nouveaux joueurs dans une histoire où personne n’est à l’abri. Sauf peut-être Ben Urich… Et encore, ca reste à voir.

Secret Invasion: Frontline #3 [Marvel] Scénario de Brian Reed
Dessin de GG Studios
Sortie américaine: le 4 septembre 2008

Frontline a été lancé pour nous montrer les à-côtés des crossovers, comment les événements sont montrés au niveau du citoyen lambda de l’univers Marvel. Sauf qu’en route le concept s’est perverti pour réunir un who’s who des journalistes amis des super-héros, de gens qui tutoient aussi bien Daredevil ou Captain America. Dans la première minisérie (Civil War), cela fonctionnait particulièrement bien (mis à part l’ultime épisode) car le propos sur la désinformation avait un sens. Sur World War Hulk, par contre, le monstre vert n’ayant pas grand chose à faire de ce que pouvait raconter les journaux. Il ne restait alors qu’une vague intrigue autocentrée sur Sally et Ben (pour savoir qui finançait le Frontline) avec en option le vague mystère de qui avait tué un robot…

Arrêtons là le flashback pour dire que Brian Reed a sur réinjecter dans la formule des personnages aux vies réalistes, de vrais civils dont le destin est brassé par Secret Invasion. Il est impossible de ne pas faire le rapprochement avec Cloverfield. Là aussi des civils sont piégés dans New York, subissant les événements sans trop savoir le pourquoi du comment, s’échappant par les issues de secours, rampant au fond des tunnels du métro. Du coup Ben Urich retrouve une utilité car il n’est plus véritablement le protagoniste principal. Entendons nous bien : on le voit beaucoup. Mais il cesse d’être le « héros » (ce que lui et Sally étaient dans World War Hulk Frontline) pour redevenir le témoin, le chroniqueur de ce qui arrivent à d’autres gens.

Pour le coup la bataille centrale de Secret Invasion (celle qui traîne en longueur dans la série-mère) prend ici toute sa dimension. Les interventions des nouveaux Howlers ou de Ms. Marvel jouent sur leur propre non-sens assumé et ont une portée autrement plus intéressante. Mais le danger ne vient pas forcément des Skrulls mais aussi de la nature humaine, comme le prouve la conclusion. Avec la conclusion de Secret Invasion #5 qui repose sur une certaine communication Skrulls, je me dis que l’opinion publique (et donc l’avis du citoyen de base) risque de prendre une importance bien plus grande dans les derniers mois du crossover. Du coup Secret Invasion: Frontline ne semble pas parti pour s’essouffler, voir même gagner en intensité. En tout cas ce numéro #3 ne montre aucun signe de faiblesse, Brian Reed se plaisant visiblement au jeu. On ne s’en plaindra pas.

[Xavier Fournier]