Comic Con Paris 2015 – Les Photos

Comic Con Paris 2015 – Les Photos

24 octobre 2015 Non Par Xavier Fournier

Comic Con Paris - Les Photos[FRENCH] C’est hier que s’ouvraient les portes de la Comic Con Paris au Parc de la Villette, un premier jour marqu par un dmarrage en trombe (une norme affluence pour un jour ouvr), des panels consacrs aux sries TV de DC, Jessica Jones sur Netflix ou encore la prsence, entre autres auteurs, de Frank Miller…

Comic Con Paris - Les Photos

Pas de Brian Michael Bendis au programme. Le scnariste de Marvel s’tait clairement dsist depuis quelques semaines. Et pas de Maisie Williams (Arya Stark dans Game of Thrones), l’actrice ayant pour le coup annul sa venue la dernire minute possible, ce matin, alors qu’elle tait Paris. Mais le Comic Con Paris a bel et bien ouvert ses portes devant avec une foule massive qui faisait la queue depuis quelques heures. Pour le coup, cette affluence norme, qui laisse entendre que le samedi et le dimanche devraient rellement faire salle comble, valide certains des choix des organisateurs. Si le prix de l’entre semblait cher au demeurant, le nombre de visiteurs prsents semble d’emble dmontrer que la Comic Con Paris est reste dans un budget abordable pour de nombreux geeks.

Premire constatation, le cadre du Parc de la Villette change une bonne partie de la donne, par rapport aux halls de Villepinte. En compactant les choses mais aussi en les organisant autrement, Reed rcupre un sens de circulation plus anim. L o, dans les Comic Con qui ont prcd, le « village comics » peinait trouver son identit, avec les auteurs en ddicaces d’un ct et de l’autre les boutiques, sans qu’il y ait rellement interaction entre les deux, l’artist alley est organise ici en petites zones latrales. Ce qui fait que, bien sr, au dbut, il faut trouver ses marques (quand on vous dit que tel artiste est dans l’artist alley, encore faut-il savoir dans laquelle des zones). Par contre l’avantage c’est que – en dehors de la ddicace de Frank Miller, vritablement prise d’assaut, qui a fait l’objet d’un traitement bien particulier mais c’est comprhensible vue la demande – l’essentiel des scnaristes et dessinateurs restaient trs abordables. On pouvait discuter assez facilement avec des gens comme Jimmy Palmiotti, Amanda Conner, Bill Tucci et d’autres encore… A noter aussi une « barre » Star Wars avec des gens comme Davide Fabbri, Stphane Roux, Julien Hugonnard-Bert… C’tait un peu plus formel – disons plus « classique » – du ct des ddicaces des stands de Comixology ou Glnat mais Kelly Sue Deconnick (alternant avec Matt Fraction, Elsa Charretier, Pierrick Colinet, Geoff Darrow) distribuait des hugs volont son public.

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Avec la Comic Con dsormais dsolidarise de Japan Expo, le coin comics gagne aussi en prsence physique d’diteurs. Panini et Delcourt, qui les autres fois ne pouvaient se ddoubler et restaient du ct « manga » plus lucratifs, sont prsents ici, tout comme Glnat Comics 2.0, qui est apparu entre temps. Bien que n’ayant pas de stand, Urban intervenait dans un panel sur Frank Miller ce matin. Par contre, en matire de stand, c’est le reste qui pche. Cela manque de comic-shops, par exemple (et c’tait dj un dfaut des ditions antrieures) et des coins comme les bustes de Batman redcors par des artistes contemporaines ne sont pas agencs de manire ce qu’on y passe longtemps. Du coup, le parcours se fait relativement vite. Pas au pas de course mais, pour peu qu’on veuille passer voir des artistes prsents et un ou deux panels, en quelques heures. C’est dire que ds qu’on y a fait tout ce qu’on a faire, on fait le tour du Comic Con sans doute en une journe, voir une journe et demi et rester ensuite ou revenir un troisime jour pour un seul panel fait « court » en termes d’exprience de l’utilisateur et ne justifie pas, dans l’tat, un pass de trois jours.

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De fait, si la concurrence entre la Comic Con Paris et la Paris Comics Expo a polaris beaucoup de discussion depuis un an, il faut bien saisir une diffrence fondamentale de mission. La Comic Con Paris est une manifestation «  l’amricaine », c’est dire que, non, les Comic Con d’outre-Atlantique ne sont pas centres sur les seuls comics, malgr ce que le nophyte pourrait s’obstiner croire. D’ailleurs l’essentiel du public semblait assez diffrent des festivals comics organiss depuis des annes en France. Je pense entre autres choses au festival organis sure Lille partir de 1989 par Jean Wacquet… Il est bon de le rappeler car un certain nombre de mdias nationaux hantaient les alles convaincus de dcouvrir la « toute premire convention comics en France », ce qui a de quoi faire tousser les fans de comics. Mais ceux-l ne reprsentaient pas la majorit. Demandant un cosplayeur dguis en Fantomex (voir les photos) si l’on peut le photographier, celui-ci nous rpond d’abord sur le ton de la plaisanterie qu’il ne se laisse prendre en photo que par les gens capables d’identifier son costume. Quand on lui rpond du tac tac, celui-ci rpond, surpris « Ah ben… vous tes seulement le deuxime de la journe savoir qui c’est ! ». Le gros du public, donc, tait venu chercher d’autres choses que des comics. Ce qui n’est pas forcment une mauvaise chose, dans le sens o visiblement les stands des diteurs et des auteurs ont fait de bonnes affaires. Bonne chose aussi, la compartimentation de l’espace des confrences par rapport l’alle centrale. Globalement, en dehors du mic-mac initial sur les dates, forant la Paris Comics Expo dmnager (voir Comic Box #96), la Comic Con Paris n’est donc pas vritablement une concurrente. Elle se pose plus, en termes de manifestation geek, en face d’un Paris Manga & Sci-Fi Show mais avec encore des choses apprendre.

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Outre un deficit dans la diversit des stands, l’erreur tactique a t de se centrer sur un nombre restraint de grands noms (et mme des surprises de dernire minute comme la tenue d’un panel Jessica Jones avec Netflix, avec Krysten Ritter et Carrie-Anne Moss). Il faut reconnatre que, dans le cas inverse, tout le monde serait tomb sur le dos de la CCP en hurlant que les organisateurs n’avaient pas su attirer de clbrits. Mais – et l pour le coup c’est une leon que les autres manifestations ont dej retenues de longue date – il est ncessaire de penser de faon lattrale, d’attirer suffisemment de plans B pour que, lors des invitables dsistements de dernires minutes (l’exemple de Williams) ou quand un invit par en vrille (Jason Momoa au rcent Paris Manga & Sci-Fi Show, un peu trop port sur la bouteille de vin, tait contrebalanc par la prsence de Tom Wlaschiha), il reste suffisemment de guests pour que l’essentiel du public y trouve son compte. L, par exemple, c’est ceinture pour les amateurs de Game of Thrones. Les annulations font partie de la rgle du jeu, il n’existe pratiquement pas d’organisateur de festival qui n’ait pas connu cette preuve. Mais l’anne prochaine – puisque l’affluence installe, n’en pas douter, la prennit de la Comic Con Paris, il faudra penser en terme de « surface » et proposer une liste plus large de guests complmentaires afin de moins offrir le flanc ce genre d’absence. Mais quand bien mme la CCP justifie mal d’y passer trois jours, l’vidence ce n’est pas non plus la catastrophe que certains annonaient.

[Xavier Fournier]