Benjamin Spark, art de l'oubli, l'oubli de l'Art[FRENCH] Monsieur Benjamin Spark, exposant installé en Belgique, n’en finit pas de multiplier les énormités et les erreurs de parcours. Après s’être attiré la colère de nombreux artistes de comics et de leurs fans pour des « emprunts » multiples et répétés, après avoir censuré sans distinction des propos énervés mais aussi des artistes qui ne demandaient poliment qu’une chose (qu’on les reconnaisse), voici que le quidam passe à une autre étape en cherchant à faire effacer tous les articles traitant de ses méthodes. En quelques jours, nous avons ainsi pris connaissance d’au moins trois sites français (et il est bien possible qu’il y en ait d’autres) qui ont reçus des messages d’intimidation non pas pour faire disparaître tel ou tel propos corsé mais tentant d’obtenir la disparition de tout l’article. Une page Facebook « Mobilisation contre les procédés de travail de Benjamin Spark » n’est désormais plus active. Et une discussion de Bleeding Cool n’est plus accessible à l’heure où nous écrivons ces lignes. Ah ben oui, c’est que cela fait mauvais genre si l’on explique aux gens qu’il existe de vrais artistes (Dan Panosian, Campbell, Cooke, Guile et les autres sont de vrais artistes, si si) qui sont à l’origine des images en partie dupliquées, de vrais artistes qui pratiquent des prix de vente trois ou quatre fois inférieurs à ceux affichés par cette personne. Et bien bravo. Gagné Benjamin Spark. Nous n’avions pas fait d’article jusqu’ici, nous n’avions partagé que quelques liens sur FB mais, du coup, voilà le nôtre d’article. Et il y a fort à parier qu’il ne sera pas le seul, qu’il y en aura beaucoup encore, produits par des gens scandalisés par vos méthodes. Seulement, voilà, c’est dommage : Pas d’insultes à votre encontre, pas de menaces, que des faits. Et à partir de là nous ne pouvons qu’encourager tous les sites et forums qui le voudront à faire circuler les circonstances de cette affaire.

Pastiche par Paul Renaud de certaines méthodes

Pastiche par Paul Renaud de certaines méthodes

Fin mai 2014, des lecteurs de comics ont réalisé qu’une quantité non négligeable de la production du « peintre » Benjamin Spark était constitué « d’emprunts », pardon d’appropriations unilatérales de personnages et des cases prises dans des BD (principalement des comic-books mais on trouve aussi des « références » à Hergé et à Tintin). Typiquement, on prend un personnage (mettons Howard The Duck ou une des héroïnes Danger Girl) pour le reproduire sur un autre fond (mettons un bout de planche de Darwyn Cooke). Paf. Au rang des vrais artistes (J.S. Campbell, Guile…) dont le travail avait été utilisé sans la moindre approbation, Dan Panosian s’est manifesté sur la page Facebook du quidam. Son but ? Que l’on identifie la source ! Il a néanmoins été prestement éjecté de la page en question. D’ailleurs toute personne se contentant de poster (parfois sans commentaire) le lien de l’œuvre originale s’est vu rapidement éjectée. Benjamin Spark se réfugiait alors derrière un message bilingue qui expliquait alors sa démarche comme un droit à la parodie. Et aussi une difficulté à identifier des sources trouvées sur Internet. Ce que l’on veut bien croire si l’on se réfère à l’exemple de Guile (une image provenant de sa page DeviantArt) mais pas d’autres cas. Dans un documentaire expliquant ses méthodes (https://www.youtube.com/watch?v=kmqa9Wg9Omg), Benjamin Spark montre en effet, dans sa main, les illustrés qu’il utilise pour ses recherches. On aimerait donc lui expliquer que, quelque part dans ces illustrés, il y a un copyright et des noms d’auteurs et d’artistes. Ce serait cependant vécu comme une agression sur sa page.

Dans d’autres posts, il se réfère à une filiation avec les artistes Andy Warhol, Roy Lichtenstein ou Erro (comprenez « Je fais la même chose et donc j’ai le droit). L’affaire, promptement reprise sur Bleeding Cool, a donné lieu à une thread fortement intéressante sur le site en question (la fameuse thread qui n’est plus accessible) où l’on découvrait entre autres choses la retranscription d’une réponse de l’attachée de presse de Spark qui opposait une supposée loi européenne justifiant cette méthode. Élément en théorie imparable qui avait de quoi dégoûter les artistes américains, qui connaissent mal la législation européenne, et les décourager dans leur démarche. Pas de bol! La loi européenne en question n’en est pas une. Le texte provenait du site d’une société de gestion de droits d’auteur belge (http://www.sacd-scam.be/Caricature-parodie-et-pastiche). Qui plus est il avait été reproduit tronqué, l’attachée de presse ayant visiblement « oublié » (ah la mémoire vous joue de ces tours quelques fois) d’importer les exemples de jurisprudence, y compris un arrêt de la Cour d’Appel d’Anvers du 11 octobre 2000 qui stipulait « La Cour a estimé que l’œuvre dérivée ne pouvait être considéré comme une œuvre originale car elle ne portait pas d’empreinte personnelle de l’auteur. L’œuvre ne remplissait pas non plus de fonction critique, mais avait uniquement un but commercial. » Tiens c’est balot cela. Cela voudrait donc dire que le droit à la parodie n’est pas systématique ? Qu’il faut prouver une plus-value personnelle ? C’est « marrant » que l’attachée de presse ait oublié ce « détail ». Le site de la sacd-scam n’est pas un texte de loi. Mais, c’est une question de logique. Si l’on décide de lui donner une fonction de pare-feu, si l’on décide que la pertinence de ses textes fait loi, il faut aller au fond des choses.

Benjamin Spark, art de l'oubli, l'oubli de l'ArtL’idée de rapprocher la production de ce monsieur Spark de références reconnues telles qu’Andy Warhol, Roy Lichtenstein ou même Erro est erronée pour différentes raisons. D’abord bien sûr il y a la stature d’artistes tels que Warhol ou Lichtenstein et puis, surtout, il y a la logique de leur production. Quand il superposa des étiquettes de soupe Campbell au début des années 60, Warhol (1928-1987) fonctionna selon un code explicite. Ce sont des étiquettes immédiatement reconnaissables, même si on habite dans un autre pays et qu’on n’a jamais consommé les produits Campbell. Le logo de l’emballage est là. Warhol ne prétend pas être l’auteur de l’étiquette. Sa démarche s’inscrit dans le prolongement de la « Roue de bicyclette » exposée par Marcel Duchamp à partir de 1913 (un autre exemple, plus connu, est un urinoir baptisé « Fontaine »). Pas plus que Duchamp (et sans doute encore moins d’ailleurs), Warhol n’a cherché à entretenir le trouble. Avec la permanence de la marque, on sait ce qu’est l’étiquette, d’où elle vient. Aucune personne ne peut réellement supposer que Warhol est à l’origine du graphisme de l’étiquette en elle-même. Et si d’aventure l’erreur avait été faite, Warhol aurait sans doute été prompt à la rectifier. Quand un Dan Panosian se manifeste pour demander qu’au moins son nom soit précisé comme source, il est effacé.

Benjamin Spark, art de l'oubli, l'oubli de l'ArtRoy F. Lichtenstein (1923-1997) est connu pour ses tableaux qui imitaient l’ambiance et certains détails de cases de comics. Mais – et c’est une distinction très importante – s’il arrive régulièrement que des fans de comics le traite de copieur, dans la majorité des cas Lichtenstein ne s’est pas contenté de reprendre une case existante pour la reproduire telle quelle sur une toile. Au contraire, la comparaison avec les « modèles » de Lichtenstein montre que le peintre a pris soin de ne pas reproduire à l’identique. Si quelques tableaux restent problématiques, l’essentiel de ses œuvres est fondé sur une technique « à l’œil ». C’est-à-dire qu’effectivement Lichtenstein s’est inspiré de cases de BD mais que, la plupart du temps, il a travaillé « à main levée ». On peut d’ailleurs se reporte au Flickr de David Barsalou, « Deconstructing Roy Lichtenstein« , pour trouver une suite impressionnante d’images inspirées par les comics. Mais… beaucoup d’entre elles ne pourraient pas passer pour un simple détourage de la case d’origine. Quand il « emprunte » le visage d’une nurse à Arthur Peddy, Lichtenstein le dessine à sa manière. On peut apprécier ou pas la technique mais elle induit cependant une différence majeure avec les tableaux de Spark. Dans bien des cas, Lichtenstein ne reproduit pas autant à l’identique que l’on a bien voulu le dire. Il y a une autre différence, méconnue, c’est que Lichtenstein ne s’est pas caché. Bien au contraire, quand la National Cartoonist Society lui proposa de venir s’expliquer en 1964, il répondit à l’invitation. Je ne suis pas en train de vous dire que tout allait dans le meilleur des mondes en ce qui concerne l’approche de Lichtenstein. D’abord parce que certains tableaux reproduisaient des cases. Ensuite parce qu’il est certain que l’approche reposait sur le fait que les comics étaient mal vus à l’époque, guère plus que les étiquettes de soupe Campbell. Ce qui fait que Lichtenstein se permettait avec les artistes de comics quelque chose qu’il n’aurait pas tenté concernant un autre peintre. Ou bien aurai-je le droit de recopier vaguement un tableau de Lichtenstein et d’y apposer ma signature ? Cela ne passerait sans doute pas.

Brian Bolland, devant une oeuvre qu'Erro lui a finalement abandonné.

Brian Bolland, devant une oeuvre qu’Erro lui a finalement abandonné.

Erro est adepte du collage. Dans bien des cas, il s’agit d’œuvres utilisant une multitude de sources, l’œuvre étant la composition globale et pas le matériel d’origine. Si vous voulez, mettons que lorsqu’Erro créé un énorme tableau mural avec des dizaines d’emprunts, l’élément emprunté devient l’équivalent d’un pixel, un peu comme ce qu’a pu faire récemment l’artiste français Mr. Garçin en composant le masque de Spider-Man à partir de centaines de petits éléments tirés de comics. Personne n’est dupe sur les éléments de Mr. Garçin. Lui-même est clair à ce sujet. Mais les gens reconnaissent la composition pour ce qu’elle est. C’est aussi le cas pour Erro dans un certain nombre d’œuvres. Mais pas dans toutes. Dans d’autres tableaux Erro franchit la ligne rouge en présentant pour « tableau » une couverture de comics qui a été débarrassée de ses éléments identifiants (logo, signature de l’artiste) et qui laisse donc planer le doute sur la paternité du dessin. C’est un peu comme si Warhol avait pris le temps de retirer méticuleusement tous les éléments identifiants des étiquettes Campbell et des autres logos qu’il détournait. Warhol ne l’aurait pas fait. Au contraire, il cherchait cette identification. C’était le mécanisme de son œuvre. En faisant du « ready made », Marcel Duchamp n’a pas taillé au marteau le sceau de la manufacture de son urinoir, c’était un élément constituant de son œuvre. Erro, lui, le fait. On pourrait donc croire que c’est le « précédent » qui permet à Benjamin Spark d’exister. D’ailleurs, Spark lui-même s’en revendique. En taisant un incident pourtant lourd de signification. En 2010, l’artiste Brian Bolland s’est aperçu qu’Erro avait pris une de ses couvertures de Tank Girl, en avait retiré les éléments identifiants (marques, signature) et la présentait comme une de ses œuvres. Furieux, Bolland interpella Erro via Internet. Après quelques temps, Erro décida de régler l’affaire en offrant le tableau en question à Bolland, c’est-à-dire en lui donnant ainsi l’assurance qu’aucun bénéfice ne serait fait sur son dos.

Fin mai 2014, quand les premiers artistes copiés se sont manifestés sur la page Facebook ou sur le site officiel de Benjamin Spark, ils étaient dans la même position qu’un Brian Bolland face à Erro. Maintenant, on peut apprécier ou pas les tableaux d’Erro mais force est de constater que ce dernier est sorti de la situation par le haut. Dans le cas de Spark, la réaction a été toute autre… puisque la plupart des commentaires des artistes cherchant à se faire identifier ont été effacés en hâte.

Voici le type « d’hostilité » démontrée par Panosian et prestement effacée :

« Dan Panosian: I don’t understand how you can sign your name and not mine and Darwyn Cooke’s? You placed my work over Darwyn Cooke‘s art and signed your name? How is that fair? »

« Dan Panosian: Je ne comprends pas comment vous pouvez signer de votre nom en ne mettant pas le mien ou celui de Darwyn Cooke. Vous superposez mon travail et celui de Darwyn Cooke et vous signez de votre nom ? Comment est-ce équitable ? ».

Oulah, attention les insul… ah bien non, pas d’insulte. Plutôt un discours poli au premier abord. Enfin en tout cas avant qu’on s’amuse à le faire disparaître de l’équation. Mettons que certains autres étaient de mauvais poils. Mettons que, sous l’effet de la colère, ils n’aient pas été spécialement cordiaux. Mais ce ne sont pas seulement ces quelques posts énervés qui ont été supprimés. Dans plusieurs cas un simple lien vers l’image d’origine a été effacé. Mieux, il suffisait de poster un lien montrant la réaction d’Erro dans l’affaire Bolland pour se faire bannir. Normal : Benjamin Spark entretient un flou organisé entre ce qui compose son « œuvre » et le travail d’origine des artistes de comics, que son public ne peut pas reconnaître puisque la plupart des signes identifiants ont été retirés. Au mieux, il se réfugie derrière un « droit européen » supposé à la parodie. Droit supposé car, pour le coup, les défenseurs de Spark ont fait preuve de ce qui est, au mieux, une incompétence monumentale, au pire d’une intention délibérée de mentir.

L'original de Guile

L’original de Guile

Bien sûr, on reconnaît Spider-Man et on n’ignore pas qui c’est. Mais le néophyte en comics est incité à croire que le Spider-Man en question est une réinvention de sa part du personnage d’origine. Surtout quand ses emprunts vont jusqu’à prendre des images de jeunes artistes n’ayant jamais publié aux USA. Exemple : Guile, bien connu des festivaliers comics en France, s’est fendu d’une réinterprétation personnelle de la couverture d’Amazing Spider-Man #100. Il ne l’a diffusé que sur son compte DeviantArt (où la charte, d’ailleurs, protège en théorie tous les dessins postés). Certes, à partir du moment où c’est posté sur Internet on n’est pas stricto senso dans le registre du privé. Mais la reconnaissance de cette œuvre est forcément limitée et dès lors le droit à la parodie n’est que très relatif. Pour prendre un exemple : Si je décide de sortir ma version parodique de Get Lucky, la plus grande partie du public saura de quoi il s’agit, jugera en connaissance de cause mon apport ou mon non-apport. Si au contraire je sors une « parodie » d’un morceau joué par un petit groupe que j’ai croisé le soir de la fête de la Musique, le public n’est pas en mesure de voir que j’ai emprunté à quelqu’un d’autre. Surtout si j’efface au fur et à mesure les gens qui tentent d’identifier le groupe d’origine. On ne peut parodier que ce qui est connu du plus grand nombre. Et ce n’est pas faire injure à Guile de dire qu’il avait choisi un mode de diffusion restreint. Si Benjamin Spark chante Get Lucky, il fait une parodie. S’il prend sans demander le dessin de Guile, ce n’en est pas une. À plus forte raison si les tentatives de Guile pour se faire connaître sont vécues comme des agressions.

Alors voilà. N’utilisons pas les mots un peu corsés que certains ont cru bon d’employer. Trop facile ensuite pour l’intéressé de s’ériger en victime. Cela ne servirait à rien, non plus d’intervenir physiquement lors de certains vernissages (encore que, s’ils sont ouverts au public, personne n’est en droit de vous interdire de vous y pointer, de manière passive et cordiale, à quatre ou cinq avec le même t-shirt d’Amazing Spider-Man #100 et un post-it « je porte l’original »). Restons polis, courtois. Ne précisons que les faits (comme le faisaient bon nombre des autres censurés de la page de l’intéressé) : Monsieur Spark se contente régulièrement de mélanger un personnage existant avec un autre fond existant d’une autre provenance sans que la valeur ajoutée du montage nous apparaisse comme pertinente ou personnelle. Ce qui pourrait s’arrêter à une question de goût ou une maladresse est aggravé par cette volonté qu’il a de faire disparaître les interventions de personnes comme Dan Panosian, Guile ou d’autres et même la moindre mention de leur nom. Andy Warhol a vécu avant les réseaux sociaux, mais il n’a jamais tenté de convaincre ses admirateurs que la soupe Campbell n’existait pas. Il n’a jamais, non plus, trouvé refuge derrière une fausse loi européenne en maquillant un texte piqué auprès un organisme qui n’a pas de fonction de législateur. Tout cela ce sont des faits. C’est un fait aussi que toute cette affaire aurait pu aisément être réglée si, au lieu de chercher à faire taire ou en opposant des fausses références à la parodie, l’individu en question s’était contenté d’un bref « ah mais y a maldonne. Pas de problème, je vais rajouter un petit carton pour expliquer que la source vient d’un de vos dessins » (parce que la plupart des artistes ne demandaient que ça, une citation). Et alors, poussons le What If… L’hallu totale… l’optimisme débridé dans le genre humain. Si Benjamin Spark, dans un grand moment d’humilité, avait poussé la chose jusqu’à répondre à un Dan Panosian « Non mais vous savez, c’était ma façon d’exprimer que j’admire et j’estime votre travail, d’ailleurs pourquoi ne pas envisager une grande expo ensemble dans les galeries qui, à travers moi, se sont intéressées à votre style ? ». Tout ça aurait pu se résoudre en l’espace d’un week-end. Mais il aurait fallu un peu de bonne foi. Et quand l’attachée de presse (celle qui cite des textes de loi fantaisistes) commence à lancer des commentaires sur FB pour expliquer que tous ces gens sont des jaloux et des frustrés, ça ne fait rien, non plus pour arranger les choses. Pour seule preuve d’estime Dan Panosian et ses pairs se sont fait éjecter de la page concernée et traités de « jaloux ». La belle affaire.

Et voici maintenant qu’on cherche à faire disparaître tout article évoquant l’idée finalement pas si saugrenue que les tableaux en question proviennent de sources antérieures et que ces sources sont le fruit du travail d’artistes existants. On peut trouver – en tout cas encore pour l’instant – un comparatif des tableaux revendiqués par Spark avec ses sources officieuses sur le tumblr suivant. http://artplagiat.tumblr.com/post/87596426834/plagiat-dart-et-art-de-plagier-benjamin-spark Puisque Benjamin Spark n’arrivait pas à retrouver et à identifier ses sources, une tierce personne s’en est généreusement occupé. Nous vous engageons non seulement à partager ce lien mais aussi à garder et diffuser ces montages au cas où ce tumbler viendrait à connaître une panne mystérieuse. Et puis diffusez. Faites vos articles, vos posts. Restez polis parce qu’après, c’est trop facile ensuite de crier à l’agression et de transformer le responsable en victime. Tenez-vous-en aux faits.

Monsieur Benjamin Spark, vos tableaux m’indisposent mais si ce n’était que de ça, vous et moi pourrions vivre chacun de notre côté en nous ignorant royalement. Ouf. C’est encore heureux qu’aucune « loi européenne » ne me force à avoir un tableau de vous chez moi. D’autant que j’ai sur mes murs quelques originaux de vrais artistes de comics et que ça m’ennuierait beaucoup de devoir en décrocher un, rien que pour mettre à la place… ouh allez, j’arrête, j’ai le mal de mer rien qu’à cette idée. Ça tangue. Non, si ce n’était que de ça, tout irait bien. Le vrai problème que j’ai, il ne réside pas dans vos tableaux mais bien dans vos méthodes qui visent à faire disparaître du processus créatif toute mention du nom de l’auteur de l’œuvre antérieure, au point de les effacer autant que possible sur les réseaux sociaux ou de vous en prendre maintenant aux articles qui font mention de ces antériorités.

Benjamin Spark, art de l'oubli, l'oubli de l'ArtComic Box, notre magazine vendu en kiosques, a été le commanditaire auprès de J.S. Campbell d’une couverture exclusive publié pour son 25e numéro en juillet 2000, il y a quatorze ans. Cette couverture a bien évidemment fait l’objet d’une appropriation unilatérale de votre part. Je dis « bien évidemment » car Campbell est une source à laquelle vous êtes revenu maintes et maintes fois. Il va falloir se lever tôt, très tôt, pour trouver une menace juridique qui m’empêche de dire que cette couverture date de bien avant que vous ne vous lanciez dans la carrière de Benjamin Spark, que les points de concordances sont manifestes avec un de vos tableaux et qu’en prime vous l’avez fait sans l’autorisation de l’artiste, qui plus est sans donner de réponse adéquate à son mécontentement ultérieur. Et tout ça, ce sont des faits. Pas des impressions, pas des insultes. Des faits.

Monsieur Benjamin Spark, cela ne s’invente pas : En 2013, dans une interview au Progrès (http://www.leprogres.fr/sortir/2013/11/23/benjamin-spark-une-fois-que-tout-est-propre-je-salis-tout), vous disiez «Une fois que tout est propre… je salis tout». Me voilà au moins d’accord avec vous sur ce point.

[Xavier Fournier]