Avant-Premire VO: Review The Accused #1

11 août 2016 Non Par Xavier Fournier

Accus de meurtre dans le contexte de Civil War II, Hawkeye peut compter sur l’aide de Daredevil pour… ah non, c’est vrai, Matt Murdock n’est plus avocat dsormais mais bien procureur. Il est pass de l’autre ct. Marc Guggenheim, Ramon Bachs et Garry Brown nous racontent les coulisses du procs rcemment voqu dans CWII. Et l, selon la formule consacre, « c’est le drame »…

The Accused #1 [Marvel Comics] Scnario de Marc Guggenheim
Dessins de Ramon Bachs & Garry Brown
Parution aux USA le mercredi 10 aot 2016

Lors de la premire Civil War, Marvel avait assez peu jou sur Matt Murdock/Daredevil, alors que le ct lgal de la chose aurait mrit d’tre explor, les super-hros ne pouvant gure rgler une question de loi seulement avec leurs poings. Pour Civil War II, on ne peut pas faire le reproche Brian Michael Bendis d’avoir zapp ce pan. Au contraire, via des scnes comme le plaidoyer de She-Hulk ou le procs d’Hawkeye, le scnariste a montr que les choses ont une consquence idologie, sociale et lgale. Marc Guggenheim, bien que surtout connu ces derniers temps pour uvrer sur les sries TV Arrow et Legends of Tomorrow, fut aussi le producteur de sries TV comme Law & Order, CSI Miami ou In Justice. Le rcit procdural, il connat. Sauf qu’ici, on sent qu’il hrite d’une situation dcide la fois par Bendis et Soule (le scnariste actuel de Daredevil), ce dernier ayant dcid de changer l’emploi de Murdock pour en faire un procureur. Marc Guggenheim voudrait visiblement aller dans un autre sens, raconter l’histoire d’un super-hros qui en dfend un autre. Du coup, le voici qui enchane pirouette sur pirouette pour mnager la chvre et le chou. Et en plus comme le rsultat du procs a dj t rvl il y a quelques semaines, autant dire que a rame sec et que cela se voit. On peut faire, d’ailleurs, la comparaison avec le procs de Green Arrow aprs Justice League: Cry For Justice (et le meurtre de Prometheus). Ce n’tait pas extraordinaire mais cela volait dj bien plus haut. Ici, Guggenheim dgage des lments intressants (comme le fait que la prmditation de Barton est apparente, puisqu’il tait dj en place) sans rellement aller jusqu’au bout. Au final on a l’impression que le scnariste baisse les bras en terminant sur un « chacun pensera ce qu’il veut et jugera Barton comme il l’entend ». Merci, c’est en gros ce qu’on avait dj fait la lecture de Civil War II, sans avoir besoin de dbourser 4.99$ supplmentaires. D’autant qu’une fois passe la couverture de David Mack, le dessin des pages intrieures tourne la cata.

« Neither an acquittal nor a conviction is going to end up telling you anything. »

Cela fait partie de l’exercice, en particulier chez Marvel, de sortir un one-shot pour rebondir sur une consquence d’un crossover. On se souviendra de The Return pendant la premire Civil War, qui mettait en exergue le vrai faux retour de Captain Marvel. En gnral, le rsultat est peu percutant car, en mme temps, l’diteur s’est gard les vraies retombes pour « ailleurs ». Ce qui fait que la position des auteurs de ces one-shots est d’une certaine manire peu enviable. C’est casse-gueule et l’on se retrouve crire ou dessiner des choses dont on ne matrise ni les tenants ni les aboutissants. Oui mais enfin, mme avec ces rserves, il y a une limite… 4,99$ ??? 4,99$ POUR CA ? En termes de production globale, c’est tout proprement indigne de ce qu’on est en droit d’attendre des big three (Marvel, DC et Image, encore qu’Image avec son She-Wolf ne soit pas loin de tomber si bas). On aime ou pas le dessin de Ramon Bachs mais il est ici mconnaissable, avec des crayonns parfois embryonnaires et un encrage dans les pquerettes. Sans doute qu’il y a derrire a une histoire de dlais ou des retouches sans fin gnres par le crossover ou que sais-je encore. Mais des pages entires sont du niveau d’un fanzine (et pas d’un trs bon). La case montrant les manifestants devant le tribunal, le visage peine esquiss du dfenseur d’Hawkeye, comme si on avait commenc le dessiner et qu’on avait chang d’avis en cours de route, le personnage d’Evelyn Stanzler qui change d’ge ou de poids d’un bout l’autre du numro. Et puis le flashback hideux vers la premire Civil War, tout a noy sous des couleurs massives qui touffent plus encore. Franchement, l, d’un coup, on se sent dans la peau du pharmacien du « Pre Nol est une ordure », se demandant ce que c’est que cette matire. Je comprends que, sans doute, les auteurs, qu’on a connu dans de meilleures situations, font avec ce qu’ils ont, dans des conditions sans doute difficiles qui expliquent cette baisse de rgime. Mais l c’est zro point, pour un numro de plus trs dispensable.

[Xavier Fournier]