Avant-Première VO: Review Swamp Thing #27[FRENCH] Le Parlement des Arbres a décidé que Swamp Thing devait être mis à la retraite, remisé dans la dimension du « Green » tandis que le rôle d’avatar végétal est désormais tenu par Seeder (ex-Floronic Man dans l’ancienne continuité). Un numéro baroque et bon, avec une fin peut-être un poil escamotée cependant.

Swamp Thing #27Swamp Thing #27 [DC Comics] Scénario de Charles Soule
Dessin de Jesus Saiz
Parution aux USA le mercredi 8 janvier 2014

Depuis son arrivée sur le titre Charles Soule canalise beaucoup d’éléments qu’on pouvait trouver dans un run excellent (mais méconnu à mon sens puisque passé derrière Alan Moore), celui de Rick Veitch, où l’auteur c’était déjà lancé dans un long cycle où le Parlement tentait de forcer le départ de Swamp Thing au bénéfice d’un remplaçant (l’utilisation ici de divers autres élémentaux comme, par exemple, un dinosaure-plante m’évoque carrément la période Moore-Veitch). Les esprits du « Green », malgré ce qu’on pourrait penser, n’ont rien d’humain et les décisions qu’ils prennent peuvent nous paraître arbitraire et aller à l’encontre de l’humanité. Dans le cas présent Swamp Thing est parti dans l’au-delà des avatars, où on tente de le contenter de manière à ce qu’il se fasse une raison. On lui propose des compagnes et l’imagerie du péché se fait presque biblique. Mais Soule et Saiz font rebondir l’intrigue avec la présence de Lady Weeds, créature qu’on pourrait croire sortie d’un film de Guillermo del Toro (le Labyrinthe de Pan, plus précisément).

Il faut dire qu’une bonne partie du charme de l’épisode (et, au delà, de l’arc) repose sur le sens du design de Jesus Saiz, qui s’amuse visiblement comme un petit fou – mais avec grand sérieux – à inventer de nouveaux avatars, à jouer avec les textures végétales. Saiz se préoccupe de la forme, du détail, se permet un clin d’œil à Sandro Botticelli et donne de la personnalité à certains personnages que, peut-être, on recroisera dans la série. Comme dit en introduction, on touche à la fin de l’arc et, là, pour le coup, il faut bien reconnaître que Soule règle le conflit assez vite (encore qu’il faut lui faire crédit de laisser son héros utiliser la ruse pour parvenir à ses fins). Surtout les personnages qui restent à la dernière page posent question et on est curieux de voir à quel point la donne a changé…

[Xavier Fournier]