[FRENCH] Même si Pulp Tales n’était pas un projet généreux (dont les bénéfices serviront à payer le traitement d’un artiste malade) ou si le numéro ne se présentait pas sous une assez jolie couverture de Ben Templesmith, Pulp Tales resterait une revue à ne pas manquer. Chez Boom!, ils savent en effet manier la formule de l’anthologie avec en général assez de bonheur et Pulp Tales ne vient pas contredire cette règle. D’autant que le « Pulp » est un genre polymorphe…

Pulp Tales #1 [Boom!] Scénario: B. Clay Moore, Seth Peck, Josh Fialkov, Kody Chamberlain, Tony Fleecs, Steve Niles
Dessins: Sarah Wilkins, Tony Fleecs, Kody Chamberlain, Andy B., Chris Samnee
Sortie aux USA mercredi prochain (8 octobre 2008)

Quand je dis que le « Pulp » est un genre polymorphe, c’est bien entendu un abus de langage. Le Pulp, c’est avant tout un support (l’équivalent de gare) mais daté dans le temps (plutôt les premières décennies du 20ème siècle, où ces bouquins étaient publiés par légion. A la rigueur quelques récits des années 50 peuvent s’insérer dans la liste). Le « Pulp », c’est finalement une ambiance qu’on peut retrouver aussi bien dans des récits fantastiques vieillots que dans certains polars ainsi que chez les premiers proto-super-héros. C’est d’ailleurs par l’un d’entre eux que B. Clay Moore, Seth Peck et Chris Samnee ouvrent le bal. Bluejacket est une sorte de Doc Savage (dans le genre aventurier de l’étrange entouré d’assistants hauts en couleurs). L’histoire à un certain charme (ceux qui ont aimé Tom Strong, par exemple, devraient y trouver leur bonheur). Comme exemple de la diversité du volume, le segment suivant, Newt Lawman (par Josh Fialkov et Andy B.) est au contraire un western dans lequel le héros appartient clairement à un autre âge (normal pour un cow-boy me direz-vous, mais la bd en question a un petit rapport acide avec la violence qui est intéressant).

The Crescent Flame est l’œuvre de Kody Chamberlain qui touche, une fois n’est pas coutume, aux super-héros. Ou plus exactement aux premiers super-héros, ceux qui évoluaient dans l’ombre de Superman en 1938. Son Crescent Flame est un peu comme le Flame de Will Eisner ou bien (surtout) comme le Lobster Johnson de Mignola… Une vignette, sans début ni fin, mais une vignette assez sympathique…

Je suis un peu plus mesuré sur le Crash Winters de Tony Fleecs, non pas que son travail soit déshonorant mais quand vous lisez une suite d’histoires, il faut bien qu’une d’entre elles vous plaise un peu moins que les autres. Je n’ai pas de problème avec le scénario de Fleecs mais je suis un peu moins convaincu par ses dessins du héros (un peu trop cartoony à mon avis). Bizarrement les autres personnages du récit ne me font pas le même effet, comme s’ils étaient dessinés dans un style légèrement différent. Mais ce n’est pas mauvais du tout. Disons que j’aime mieux les autres… Reste non pas une dernière BD mais carrément une nouvelle illustrée comme cela se faisait dans le temps. Qui plus est, elle est rédigée par Steve Niles, un des maîtres de l’Horreur. Le combo global est donc plutôt bon d’autant que, comme je le disais en introduction, les bénéfices de la revue vont aider à payer les soins pour Josh Medors, un artiste touché par la maladie… C’est donc vraiment joindre l’utile à l’agréable…

[Xavier Fournier]