[FRENCH] Nox, le justicier nocturne, est obligé de s’allier avec les pires criminels de la planète pour tenter de libérer Absolute, le principal surhomme. En effet, dans Extermination, les super-héros tentent de survivre dans un monde signe de Dark Skies : les extra-terrestres ont conquis la Terre. Les survivants de tous les bords sont donc obligés de faire cause commune. Mais il y a peut-être des limites…

Extermination #3 [Boom Studios] Scénario de Simon Spurrier
Dessins de Jeffrey Edwards
Sorti aux USA le mercredi 15 août 2012

C’est un fil rouge dans l’histoire des studios Boom : leur production évite en général les séries super-héroïques mais y revient de temps à autre pour mieux renverser la vapeur, joue sur les archétypes pour mieux les retourner. C’était déjà le cas sur Hero Squared ou Irredeemable et Extermination reprend le flambeau ces temps-ci. Superman et Batman ont de proches « cousins » dans cette série. Encore qu’on comprend vite qu’au delà des airs de famille « en surface », il y a des fossés profonds qui opposent ici les personnages. Le scénariste Simon Spurrier fait feu sur deux canaux en simultané. D’un côté on a le « présent » (ou plutôt le futur, mais parlons du « présent » de la série), avec Nox obligé de s’allier avec des personnages pas vraiment fiables pour espérer pouvoir repousser les aliens. En ligne de mire il y a la libération possible d’Absolute, qui est un peu le Superman de cet univers. « Un peu » car l’autre canal nous montrera bien que ce surhomme n’est pas réellement un bon samaritain…

En effet, le second fil narratif permet à Spurrier d’évoquer le passer de Nox. Un flashback qui nous montre une de ses ennemies (une voleuse branchée libido dont vous aurez vite reconnu l’archétype) mais aussi l’opposition Nox/Absolute pour des raisons bien différentes d’un combat à la Dark Knight Returns. En un sens Extermination passe après pas mal de projets « post-superhéroïques ». C’est un peu un Irredeemable vu sous un autre angle. Mais les dessins de Jeffrey Edwards (surtout dans les flashbacks) ramènent la série vers les racines du genre, avec des oppositions de personnages costumés mais aussi des évocations de sales petits secrets, même dans le camp des bons. En un sens Extermination me fait aussi penser (un peu) au Judgment Day d’Alan Moore. Le préambule a donc du potentiel, même s’il est certain qu’on est encore dans une phase charnière et que Spurrier devra un peu rajouter des personnages autour de Nox et du Red Rapier si la série veut vraiment décoller…

[Xavier Fournier]