Avant-Premire VO: Review Earth 2: Society #12

15 mai 2016 Non Par Comic Box

[FRENCH] Organise selon un systme presque fodal depuis sa refondation, Earth 2 est en train de perdre pied. Les diffrentes cits vont la guerre pour se disputer les rares ressources naturelles de la plante. Et les super-hros de ce monde, rpartis dans diffrents camps, convaincus d’avoir raison, vont aussi l’affrontement.

Earth 2: Society #12Earth 2: Society #12 [DC Comics] Scnario de Dan Abnett
Dessins d’Iban Coello
Parution aux USA le mercredi 11 mai 2016

Dan Abnett est un scnariste ingal, rgulirement gnial mais capable, parfois, de s’garer (Guardians 3000 et Guardians of Infinity, chez Marvel, sont de « bons » exemples de cette facette). Sur Earth 2: Society, l’auteur arrive cependant sur un vritable chantier. Mme si certains de ces personnages sont, sous cette version, actifs depuis 2012 (o mme 2011 pour Power Girl ou Huntress), les changements intempestifs de scnaristes ou la tendance privilgier des menaces globales font qu’une partie des hros sont construits sur du sable. Exemple: Mister Terrific, transpos d’une plante une autre, a rarement mis le moindre tat d’me. Et c’est un peu pareil pour Red Arrow ou quelques autres collgues de la srie, dont la bio et ce que nous connaissons tiendrait sur un post-it. A partir de l, le scnariste, que ce soit Abnett o ceux qui sont intervenus sur le titre ces derniers temps, n’est pas aid. Les ractions sonnent parfois assez faux puisqu’elles sont creuses. Ce n’est pas que c’est mal crit mais quand, comme ici, Alan Scott se rapproche soudainement d’un Val-Zod pour lui demander conseil, en mode « on est les meilleurs copains du monde », c’est assez inopin… tout comme quand les uns et les autres se retrouvent dans certaines factions plus que d’autres. Abnett, arriv tardivement, fait ce qu’il peut dans le temps qu’on lui laisse (sachant que la prsente srie n’est pas suppose durer) et tente de ranimer des personnages qui jusqu’ici tenaient du McGuffin, en particulier cette fois-ci le Captain Steel. Inversement, pour gagner du temps, il fonctionne aussi par archtype. Le commandant Sato et son Worldwatch sont dcidment un copi-coll de Maria Hill et du S.H.I.E.L.D. Abnett, cause de ce qui a t fait (ou pas fait) avant lui n’a pas le luxe de la subtilit. On le voit dans ce numro avec un personnage « retourn » en l’espace de quelques cases pour rejoindre le camp des hros. Ce n’est pas tellement que c’est rapide (aprs tout, en son temps, l’arrive d’Hawkeye chez les Avengers…) mais que les comportements sont abruptes.

« You’re amazing people, but you’re squeamish and your priorities are screwed. »

Aux dessins, Iban Coello livre un travail intressant, relativement raccord avec ce que faisait avant lui Jorge Jimenez (disons que ce n’est pas la mme chose mais que cela ne jure pas), en particulier pour les effets de matire, le drap des capes ou le mouvement des chevelures. A l’inverse, les expressions faciales de l’artiste, qui doivent beaucoup au manga, sont parfois un peu outrancires. Dans une scne tendue o les uns et les autres parlementent, en dsaccord, Coello reprsente ainsi un Power Girl la bouche grande ouverte, comme si elle criait, alors que le lettrage et le dialogue ne laissent pas entendre que les choses ont dj explos ce point. C’est dommage, d’autant que pour les raisons expliques plus haut, cela donne l’impression que les personnages ont des sautes d’humeur inexpliques. On apprciera cependant qu’un personnage fondateur de la srie « volue » grandement et change totalement de stature. Esprons que ce n’est pas une manire de l’exfiltrer du titre mais qu’on va bien prendre le temps, dsormais, de le voir sous un jour plus humain.