Avant-Première VO : Review  Do Androids Dream Of Electric Sheep? #5[FRENCH] Le dessinateur Tony Parker continue d’adapter de façon littérale une des œuvres majeures du romancier Philip K. Dick, « Do Androids Dream Of Electric Sheep? » (devenue par la suite « Blade Runner »). Et ce cinquième numéro est un passage compliqué puisqu’il surfe sur une certaine forme de poésie. L’action, par contre, est totalement absente puisqu’il n’y en avait pas dans le passage correspondant du roman d’origine. D’où un dilemme : adapter ou subir ?

Do Androids Dream Of Electric Sheep? [Boom!] Scénario de Philip K. Dick
Dessin de Tony Parker
Parution aux USA le mercredi 28 Octobre 2009

 Do Androids Dream Of Electric Sheep? #5Le deuil d’un chat. Toute l’intrigue de ce cinquième numéro tient dans la phrase précédente. Mais n’allez pas croire que c’est une critique. Le dessinateur Tony Parker consacre en effet tout ce numéro à la problématique du décès d’un chat, de l’annonce de son décès à ses propriétaires et de la question de le remplacer (ou pas) par une copie synthétique. Beaucoup de gens à la place de Parker auraient décidé de zapper ce passage, pauvre en rebondissements et où le héros central n’apparait même pas mais c’est plutôt courageux d’avoir décidé du contraire. Et l’artiste se tire plutôt bien de cet exercice périlleux même si je pense qu’un critère jouera contre lui, bien qu’il n’y puisse rien : à 3.99$ l’épisode, les lecteurs seront-ils réellement satisfaits par ce qui est en fait une digression de l’intrigue principale ?

Transposer en images l’univers de Philip K. Dick n’est pas une chose aisée (bien que quand on y regarde, de nombreux auteurs ont tenté le coup de manière pratiquement clandestine. Reportez vous au Omac #1 de Jack Kirby et vous verrez que ça grouille de « répliquants » et de questions similaires). Tony Parker ne s’en tire pas mal… Sauf un défaut qui m’a subitement semblé apparent dans cet épisode : la mauvaise habitude de garder TOUT le texte d’origine de Dick, y compris les commentaires du narrateur. Autrement dit quand un personnage répond à un autre, un petit « carton » placé sous la bulle précise « répondit-il à son interlocuteur ». Au début de la série, ça sautait moins aux yeux, peut-être parce que l’histoire reposait moins sur les dialogues, mais là clairement c’est un écho littéraire qui n’a pas lieu d’être puisqu’on nous explique ce qu’on vient de voir ou de lire. Ce qui fait qu’à un moment on peut se demander si cette BD ne cherche pas à être le « répliquant » du roman de Philip K. Dick. Ça parle comme son roman. Ça ressemble à son roman. Mais en même temps cela ne peut-être l’original. Comme je le disais plus tôt, l’exercice est captivant car c’est sans doute la première fois que je vois une adaptation si littérale, pour ainsi dire mot pour mot, d’un roman en BD. Mais je ne suis pas sûr que ce soit du goût de tout le monde. Il y a ceux qui applaudiront à cet effort de fidélité, d’autres auront l’impression de s’être fait refilé à pratiquement 4$ un épisode qui ne parle « que » de la mort d’un chat. J’imagine que la répartition se fera selon que vous soyez ou pas des admirateurs convaincus de l’œuvre de P.K. Dick.

[Xavier Fournier]