[FRENCH] Fin de l’arc correspondant au procès de l’ex-Winter Soldier (et actuel Captain America). L’ennui c’est que pour la bonne cause (sauver ses alliés mais aussi la Statue de la Liberté) l’accusé a été obligé de s’enfuir. Aux yeux de la loi cela n’arrange pas vraiment son cas. Et comme en plus la nouvelle Red Skull n’en a pas fini avec lui, on peut dire que ce n’est pas vraiment une bonne journée pour Mister Barnes. Jusque dans les dernières cases, d’ailleurs…

Captain America #615 [Marvel Comics] Scénario d’Ed Brubaker
Dessins de Butch Guice
Sorti aux USA le mercredi 23 février 2011

Ces derniers mois, Brubaker a utilisé une seule et même trâme dans cette série. Le bad guy (ou dans le cas présent la bad girl) a toujours une longueur d’avance. Si pour Reborn celà marchait moyen avec le Red Skull « senior », le scénariste a bien mieux réussi à travers ses utilisations récentes du Baron Zemo, du Docteur Faustus et, ce mois-ci, de la fille du Red Skull. On sait qu’elle s’attaque à un symbole mais le lecteur (tout comme les héros) ne sait pas trop quelle est sa cible, son but, jusque dans les dernières scènes. A partir de là le scénariste joue un intéressant jeu d’écriture à tiroir. On a le temps de se demander si, finalement, Bucky ne va pas être tué, ou condamné, ou emprisonné… Et Brubaker passe un peu toutes les solutions en revue. Au fur et à mesure qu’on progresse dans l’épisode les renversements s’intensifient. Ce qui fait qu’à un moment, de page en page, on se demande vraiment si Captain America va être condamné. A la vue des prochaines couvertures je m’étais dis que c’était le cas mais l’issue du procès est un peu plus compliquée que ça et joue sur nos attentes pratiquement de case en case sur la fin, déboucant sur une situation qui promet d’être intéressante, surtout écrite par Ed Brubaker.

Non pas que le dessin démérite. Butch Guice continue un travail qui, tout en restant fidèle à son style s’habille d’hommages à des époques ou a des dessinateurs marquants de la série. J’espère juste que les événements ne seront pas escamotés à l’approche de Fear Itself tant il est important de les laisser aller à leur conclusion naturelle, à leur propre vitesse. Je ne voudrais pas que, sous prétexte de crossover, Steve Rogers soit redevenu Cap juste pour faire de meilleures couvertures. Mais là, pour l’instant, tout va bien…

[Xavier Fournier]