Avant-Première VO : Review Blackest Night: Titans #2[FRENCH] Des Titans morts, il y en a quelques-uns déjà. Autant dire que la franchise « jeunes héros » de DC a quelques cadavres dans le placard qu’il fait bon ressortir à l’occasion de Blackest Night. J.T. Krul analyse bien la dynamique des personnages et montre comment certains deuils des séries en question n’ont jamais été entièrement digéré. Mais là, forcément, ce sont les morts qui reviennent dans l’espoir de « digérer » dans un sens bien plus littéral.

Blackest Night: Titans #2[DC Comics] Scénario de J.T Krul
Dessins de Ed Benes
Sortie aux USA le mercredi 30 septembre 2009.

Blackest Night: Titans #2Cela fait déjà un moment que les séries liées aux Jeunes Titans (Teen Titans et Titans tout court) ont cessé de m’intéresser, sachant que depuis quelques années, un peu avant la fin de l’ère Geoff Johns, le fonctionnement qui s’est mis en place (nouveau line-up mettant six mois à se mettre en place, puis mort(s), puis nouveau line-up…) m’a semblé copieusement répétitif. Et pourtant J.T. Krul (plus connu pour ses scénarios de la Fathom de Michael Turner) livre ici un travail qui me semble bien plus intéressant, boosté par l’effet Blackest Night. Il faut dire qu’il y en a eu des morts chez les Titans ces dernières années et que certains de ces décès avaient été si vite expédiés à l’époque qu’il restait des choses à dire. Je ne parle pas particulièrement de Terra, dont le traumatisme a déjà été réutilisé plusieurs fois… Mais si au demeurant j’imagine que certains lecteurs seront choqué de voir arriver le spectre du bébé de Troia (j’aime assez le coup de la tétine mais sans doute pour d’autres ce sera jugé comme du mauvais goût), il faut bien se souvenir de la pirouette qu’avait été ce décès. Désirant garder Troia « jeune » et sans attache, on avait simplement décidé que son bébé et son ex-mari étaient morts hors-champs, laissant libre la plupart des scénaristes de ne pas y faire référence. Au moins ce genre de scène a l’avantage de ressituer Troia. C’est à dire une jeune mère qui a perdu son enfant bien trop tôt. Derrière le côté grand-guignol de ces cadavres qui s’agitent avec leurs anneaux noirs, il y a donc un ressort dramatique un peu plus sérieux qu’un simple « debout les morts ».

J.T. Krul utilise assez bien les différents personnages, y compris ceux qu’on a vu assez peu (le tandem Hawk & Dove s’est fait rare ces dernières années) et je me dis que si c’était le même scénariste qui s’occupait de la même façon d’un des titres Titans les choses seraient bien plus intéressantes. Sur le plan de l’histoire il n’y a guère que deux choses qui m’ont semblé bizarres. D’abord le fait qu’on fait complètement abstraction que Hank Hall n’était plus Hawk au moment de sa mort mais bien Extant. Et il y aurait sans doute bien plus de choses à faire avec un Extant zombie qu’avec un Hawk (encore que Krul s’en tire pas mal, je suis curieux de voir où il va avec la doublette). Et nulle trace de Power Boy, le membre tué dans le spécial des Titans East (à moins que je l’ai manqué dans une scène de groupe, mais auquel cas son implication est inexistante)… Niveau dessin Ed Benes reste égal à lui-même. Ses minettes sont dotées de capacités pulmonaires hors normes et ses héros musclés à outrance. Ce qui est d’ailleurs un peu ce qu’on peut le reprocher dans le cas présent. Ce qui fonctionne sur la Justice League n’est pas forcément opportun et certains de ses persos semblent parfois trop agés. Un exemple: dans plusieurs cases montrant Kid Flash, j’ai eu l’impression de voir Wally West qui aurait repris son ancien costume plutôt que l’actuel détenteur du titre. Néanmoins Blackest Night: Titans reste très sympa à lire, avec seulement un vrai bémol en vue : il ne reste qu’un seul épisode à cette mini et j’ai peur qu’on range tous les « jouets » avant de vraiment avoir exploré toutes les ramifications. On verra ça le mois prochain !

[Xavier Fournier]