[FRENCH] Dans une Amérique futuriste qui a versé dans le néo-nazisme, les derniers survivants de la communauté des super-héros sont prêts à tous les sacrifices pour transmettre un message à leurs versions passées : il faut empêcher coûte que coûte la prise de pouvoir du 4ème Reich. La bonne nouvelle ? Mister Terrific a un plan. La mauvaise ? Le plan en question va demander beaucoup de pleurs, de sang et de sacrifice…

Justice Society of America #39 [DC Comics] Scénario par Bill Willingham
Dessins de Jesus Merino
Sortie aux USA le 2 juin 2010

Ces derniers mois, il était déjà assez facile de rapprocher les mésaventures futures de la JSA et de ses alliées d’une célèbre intrigue des X-Men. Il faut dire que dans les deux cas les héros finissent dans des camps de concentration, tandis que leurs pires ennemis prennent le pouvoir aux USA. Cela dit des scènes comme celle de l’exécution de Batman, le mois dernier, étaient assez typées pour établir des différences. Cette fois il serait illusoire de nier l’évidence. Sans qu’on puisse parler d’une copie mot à mot, l’évasion des vieux membres de la Justice Society et de la Justice League fait quand même énormément penser aux X-Men de Days of Futur Past s’évadant des camps des Sentinels. Et si dans les premiers chapitres de la saga il était possible de fermer les yeux sur le côté « la JSA lutte toujours contre des nazis même des lustres avec la guerre », il y a des touches du scénario de Bill Willingham qui me semblent ici insister lourdement sur ce fait avec la subtilité d’un éléphant. Franchement, que des aliens tentant de libérer la planète appellent leur raid « l’opération Normandie », c’est non seulement too much mais ça contribue à faire de la JSA une équipe qui, envers et contre tout, semble limitée par son héritage des 40’s.

Passées ces premières impressions, ouf, il faut quand même dire que, non, l’épisode n’est pas mauvais. Il est même bon, en particulier quand il prend une certaine dimension ironique dans sa conclusion. Et Jesus Merino est particulièrement en forme aux dessins. Dommage, donc, que cette impression de déjà-vu prédomine pendant toute une première partie du numéro. Je conçois que Willingham a voulu inciter le lecteur à croire que la fin était prévisible, de manière à mieux préparer son cliffhanger, mais l’exécution n’a pas tout à fait l’effet désiré. Ceci dit la fin nous laisse avide d’en savoir plus et laisse augurer qu’à partir de là les similitudes avec les X-Men ne perdureront pas.

[Xavier Fournier]