[FRENCH] L’étrange univers de Joe, tel qu’aperçu à la fin de l’épisode précédent, semblait être peuplé de jouets devenus vivants. Finalement ce deuxième chapitre nous éclaire d’une autre manière sur le contexte de la série. D’abord sur ce que Joe « voit » et ensuite, peut-être, sur les raisons de ses visions…

Joe The Barbarian #2 [DC/Vertigo] Scénario de Grant Morrison
Dessin de Sean Murphy
Sortie aux USA le mercredi 17 février 2010

Nous n’avions pas manqué, dans une précédente « Table Ronde« , de remarquer les ressemblances de tonalité entre le Joe The Barbarian de Grant Morrison et le 1985 de Mark Millar, tout en faisant confiance au scénariste concerné pour cultiver par la suite la différence. Et bien nous y sommes déjà. S’il fallait jouer aux comparaisons, Joe The Barbarian #2 tiendrait plus cette fois, d’un plaisant mélange entre Calvin & Hobbes, Mouse Guard et Le Seigneur des Anneaux… Ou peut-être Tellos. Encore qu’il ne faut sans doute pas prêter trop d’importance aux ressemblances de surface, Morrison travaillant plus sur le fond pour raconter une histoire dont, clairement, nous n’avons pas encore fait le tour. Ce qui est étonnant, c’est la rapidité avec laquelle l’auteur semble nous indiquer que tout se résumerait à une affaire d’hallucination… Et dans le même temps il est difficile de croire que le pape de la métafiction pourrait se satisfaire d’une simple histoire de délirium… On verra sur le restant de la mini-série mais il semble évident que tout n’est pas dit…

Ce qui marque également ce deuxième opus, c’est un certain sens épique maintenant qu’on entre dans le vif du sujet et que Joe s’est découvert un ami barbare, un compagnon d’infortune et d’aventure. C’est à dire que tandis que la question de la réalité ou de la non-réalité des choses se passe à un autre niveau, le premier degré de cette aventure est très intéressant, surfant un peu sur le genre de « l’Heroic-Fantasy animalière » qu’on a vu éclore ces dernières années dans les comics. Nul doute que tout ça reste un travail d’allusions assumées de la part de Grant Morrison et que nous n’avons pas tout vu. En tout cette première partie du voyage est diablement captivante…

[Xavier Fournier]