[FRENCH] Tandis que la nouvelle série Green Hornet de Kevin Smith donne une conclusion à la carrière du Hornet classique et démarre sur de nouvelles bases, Matt Wagner, lui, lance Year One. Autant dire une reprise de l’Age d’Or du personnage, à commencer par son origine… Dynamite multiplie les spin-off mais celui-ci, en tout cas pour le numéro 1, débute assez bien…

Green Hornet Year One #1 [Dynamite] Scénario de Matt Wagner
Dessin de Aaron Campbell
Parution aux USA le mercredi 17 mars 2010

Pour raconter/reformuler les origines de Green Hornet et de Kato à la fin des années 30, Dynamite a eu la riche idée de s’adresser à Matt Wagner (qui a déjà prouvé ce qu’il valait dans les ambiances « pulp » avec une série comme Sandman Mystery Theatre il y a une quinzaine d’années. Le Sandman et le Green Hornet ne sont pas totalement le même personnage (ne serait-ce que la seule présence du chauffeur Kato qui change ici la dynamique du titre) mais il y a des bases communes. Il est du coup difficile de ne pas penser au « Marchand de sable » que Wagner a peu écrire il y a une quinzaine d’années quand on voit le Hornet sortir son pistolet spécial, qui pourrait aussi bien lancer des capsules de gaz. Non pas que je veuille dire que Wagner recycle ce qu’il a pu faire. Sans doute que son Sandman canalisait également quelques influences dont le Green Hornet et, à partir de là, c’est un peu se demander qui de la poule et de l’œuf était là en premier. Côté dessin, les titres de Dynamite ne sont pas toujours très séduisants. Si on enlève quelques exceptions notables comme Darick Robertson ou Paul Renaud, les titres « à licence » sont souvent pourvus de jolies couvertures signées Alex Ross ou John Cassaday. Seulement quand on ouvre on découvre bien souvent, budget oblige, le travail d’un néophyte qui, avec le temps, deviendra peut-être un jour un dessinateur de premier plan mais qui n’y est pas encore. Ici ce n’est pas l’effet produit. Même s’il reste une marge de progression à Aaron Campbell, il appartient un peu à la même école de style que Michael Lark. Je ne dis pas que les deux sont à la même hauteur mais il a clairement une ambiance, une composition et une gestion des ombres communes. C’est donc une bonne surprise d’autant que ce graphisme se prête à l’ambiance pulp du projet. J’ai été moins convaincu par les couleurs de Francesco Francavilla. Si sur le plan technique elles n’ont rien à se reprocher, cette opposition d’une couleur verte (ça ok, c’est dans le titre) avec une teinte ocre fait qu’on a l’impression de ne voir que deux tonalités dans tout le numéro. Dans les pages de flashbacks, pourquoi pas… Mais sur tout l’épisode, avoir l’impression de ne voir que deux couleurs est un peu « forcé ».

Non, ce qu’il faut en retenir c’est que même si vous débarquez dans l’univers du Green Hornet voici un point d’entrée idéal. N’allez pas croire cependant que c’est une redite 100% identique à l’origine classique puisque certains aspects ont été corrigés au passage (Sous l’influence de Bruce Lee, la trajectoire de Kato est forcément beaucoup plus politiquement correcte et moins « potiche » qu’elle l’était dans le Golden Age). Mais il importe de dire (entre autres) à tous ceux qui se sont un jour intéressé au Sandman Mystery Theatre que voici quelque chose qui démarre comme une continuation thématique, servie par le même scénariste. Et c’est plutôt une bonne nouvelle !

[Xavier Fournier]