L’équipe Young Justice est à peine reformée qu’elle est projetée dans le monde d’Amethyst, avec divers membres éparpillés dans cette autre dimension. Brian Michael Bendis joue le chaud et le froid et, après avoir ramené dans le précédent numéro un héros disparu, préfère cette fois se concentrer sur un trio d’autres personnages.

Young Justice #2Young Justice #2 [DC Comics]

Scénario de Brian Michael Bendis
Dessins de Patrick Gleason & Emanuella Lupacchino
Parution aux USA le mercredi 6 février 2019

Brian Michael Bendis affectionne les ellipses et les retours dans le temps, la narration dans le désordre. Si bien qu’il a démarré sur les chapeaux de roue la résurrection de Young Justice le mois dernier, en ramenant aussi bien Impulse ou Conner Kent qu’en introduisant quelques nouveaux visages. Au centre, Robin (Tim Drake) ou Wonder Girl sont un peu les garants de la stabilité. Mais dès le début Bendis a placé quelques pistes concernant Cassandra, personnage qu’on n’avait guère vu ces dernières années (essentiellement depuis la disparition des Teen Titans initiaux des « New 52 »). Mystérieusement, elle ne semblait plus vouloir être Wonder Girl et ce deuxième épisode lui donne un rôle central. En fait, si vous pensiez en savoir plus sur Impulse ou Superboy, l’auteur choisi un chemin tout autre, permettant à Jinny Hex, Teen Lantern et Cassandra de mieux faire connaissance. La limite de l’exercice, c’est que le scénariste s’efforce de ne pas trop montrer Teen Lantern, qui n’apparaît surtout qu’à travers ses constructions de lumière. Sauf que le « mystère » fait long feu, le personnage apparaissant sans détour sur la couverture. C’est cependant bien Wonder Girl qui tient le haut du pavé, avec un gros flashback nous expliquant où elle en est de son itinéraire personnel, comment elle se place par rapport à ses pouvoirs d’origine divine ».

« You’re not one of the Teen Titans. »

En dehors de Patrick Gleason, qui assure la continuité visuelle pour ce qui est des événements présents, c’est Emanuella Lupacchino qui intervient sur le flashback de Wonder Girl, avec un style un peu plus léger et lumineux, qui convient bien à la jeune héroïne. Le passage permet d’ancrer un peu l’épisode dans une forme de réalité ou de monde semi-réel (à supposer qu’il puisse l’être avec un gros extra-terrestre rose) par opposition à la fantaisie ambiante de Gemworld. Jinny Hex et Teen Lantern continuent de se mettre en place, avec les réserves déjà évoquées en ce qui les concerne. Bien entendu on aurait beaucoup aimé enchaîner directement avec Impulse et Superboy, savoir ce qu’il en était. Mais l’équipe créative a clairement décidé de faire tourner un peu les coups de projo, de donner des éclairages sur des personnages différents selon les épisodes (avec, on l’imagine). Young Justice #2 reste dense mais par rapport à l’explosion qu’était le premier numéro on entre dans une phase où les explications, les fameux dialogues à la Bendis, ont plus de place. C’est toujours intéressant mais le rythme est sans doute moins soutenu et l’épisode se lit cette fois plus rapidement.

[Xavier Fournier]