Piégé dans le passé après avoir tenté de changer l’histoire de Thanos, le Cosmic Ghost Rider tente de se trouver une place nouvelle. Tiens, pourquoi ne pas aller chez la famille Castle la veille du meurtre des proches du Punisher ? Et puis pourquoi ne pas, en cours de route, devenir un membre des Fantastic Five ? Donnez le pouvoir de voyager à travers le temps à un irresponsable total et vous obtenez rapidement un sacré chaos…

Cosmic Ghost Rider Destroys Marvel History #1Cosmic Ghost Rider Destroys Marvel History #1 [Marvel Comics]
Scénario de Paul Scheer & Nick Giovannetti
Dessins de Gerardo Sandoval
Parution aux USA le mercredi 6 mars 2019

Le Cosmic Ghost Rider est-il une sorte de nouveau Deadpool pour Marvel ? L’éditeur semble tenté d’aller sur cette voie en lui donnant de façon rapprochée plusieurs miniséries alors qu’il est par ailleurs l’un des visages des nouveaux Guardians of the Galaxy. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, le Cosmic Ghost Rider est une version alternative, futuriste, de Frank Castle qui a trouvé le moyen de signer, coup sur coup, des pactes avec Mephisto, Galactus puis Thanos, donnant lieu à un personnage qui a la mentalité du Punisher, les pouvoirs d’un Ghost Rider mais aussi la puissance d’un Silver Surfer. Quelque part en cours de route, il est aussi devenu assez irresponsable sur les conséquences de ses actes (vous me direz, quand on est prêt à pactiser avec Mephisto ou Galactus on en n’est plus à ça prêt). Capable de remonter le temps, ce Cosmic Ghost Rider a tenté d’abord de changer le cours de la vie de Thanos en devenant un peu son tuteur, ce qui donne à ses actions une ambiance finalement assez proche de la série Future Man : un imbécile tente de changer le temps et chacun de ses choix va empirer les choses. Cette nouvelle série Cosmic Ghost Rider Destroys Marvel History voit Frank s’enfoncer dans cette voie de deux manières. D’abord il fait une chose logique pour un Castle : il décide de voir s’il n’y a pas moyen de veiller sur sa famille avant qu’elle se fasse exterminer. Et puis surtout on découvre qu’avant ça il a fait comme un « arrêt » intermédiaire : incapable de trouver sa place dans un univers Marvel passé, Frank a l’idée… de se faire passer pour un passager clandestin dans la fusée initiale des Fantastic Four, qui du coup deviennent les Fantastic Five. Avec un personnage si déconstruit associé à la première équipe du Marvel moderne, c’est l’histoire qui est changé, avec des hommages inattendus à certaines sagas des FF. Si la confrontation Cosmic Ghost Rider/Galactus était un peu courue d’avance, certaines allusions aux New Fantastic Four (Wolverine, Spider-Man) ou au run de Mark Waid et Mike Wieringo viennent rythmer cette réinvention.

« What’s that abomination doing here? He’s not one of mine. He’s gotta wait outside the office! »

Malgré la question posée en début d’article, Cosmic Ghost Rider n’est pas totalement un Deadpool dans le sens où les humours des deux personnages fonctionnent sur des registres différents. Là où Wilson est un véritable guignol, cette version de Castle lorgne plus sur le sarcasme et dans l’irrévérence. On est moins dans la déconnade à toutes les cases. C’est une forme d’humour peut être moins facile, avec une approche compliquée peut-être par le fait qu’aux dessins Gerardo Sandoval semble hésiter parfois, ne sachant pas trop s’il doit représenter les choses au premier degré avec une forme de caricature. Le même scénario mais avec un dessin façon Skottie Young, nous porterait carrément vers autre chose. Mais dans le même temps le récit à une certaine densité et ce n’est que le premier numéro. En quelques pages le Cosmic Ghost Rider chamboule l’univers Marvel avec la grâce d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. On est curieux de voir jusqu’où il va aller…

[Xavier Fournier]