[FRENCH] L’épisode du mois dernier marquait le grand retour de Venom dans les pages de la série, ce qui dénote une certaine logique puisque l’arc ainsi entamé se nomme « La guerre des symbiotes ». Mais, outre la résurgence d’Eddie Brock, Bendis avait promis que cette nouvelle saga recouperait enfin les événements du jeu vidéo éponyme, dont il avait signé le scénario voilà plus de 3 ans. Et, de fait, ce numéro 124 est essentiellement dédié à l’intégration des événements vidéo-ludiques dans les pages du comic-book. Ce qui permet à Stuart Immonen de s’en donner à cœur joie avec l’introduction du Beetle dans l’univers Ultimate !

Si le numéro 123 prenait son temps pour finalement ne pas dire grand-chose, Bendis redresse la barre avec ce nouvel épisode. Certes, nous ne verrons que très peu Venom et n’avancerons guère dans l’histoire de la prétendue guerre des symbiotes, mais le scénariste pose ici un certain nombre de pions que l’on devine indispensables à la construction d’une intrigue assez dense par la suite. L’un de ces pions n’est autre que le Beetle, qui subit une « ultimisation » des plus efficaces sous le crayon d’Immonen. Oubliez la version originale : ce nouvel avatar est un subtil mélange entre Iron Man et le Mach-3 des Thunderbolts, qui possède tout ce qu’il faut là où il faut pour qu’on le prenne enfin au sérieux. A commencer par des scènes magnifiquement mises en images par un duo Immonen / Von Grawbadger en grande forme. Le reste de l’épisode fait davantage figure de remplissage, mais le talent de dialoguiste de Bendis lui permet de prendre son temps pour faire monter la sauce, un luxe qui n’est pas donné à tout le monde.

Enfin de compte, la saga démarre réellement, et on ne s’en plaindra pas. Le seul bémol, mais de taille, est que, si vous avez fini le jeu, cet épisode fera simplement office de résumé. Certes, après bientôt 3 ans, ce n’est pas du luxe, mais il y a des chances que la guerre des symbiotes se fasse encore un peu attendre. En revanche, si vous n’êtes pas branchés jeu vidéo, foncez, c’est du tout bon !

[Antoine Maurel]