[FRENCH] Après le virage amorcé dans le précédent numéro, une nouvelle génération de recrues arrive au Camp Hammond. Et dans la foulée c’est le premier épisode écrit en solo par Gage. Le monde avait-il besoin de gens comme Butterball ou Gorilla Girl ? Après s’être intéressé au destin des premiers élèves de l’Initiative, on était prêt à détester cordialement ces « usurpateurs ». Mais Gage arrive à surprendre agréablement avec son histoire. Si seulement le dessin pouvait suivre… Parce que là…

Avengers : The Initiative #13 [Marvel] Scénario : Christos N. Gage
Dessins : Steve Uy
Sortie aux USA le 21 mai 2008

Un bus apporte une nouvelle fournée de jeunes héros au Camp Hammond. Bon, je vous la fais courte: Dans les premières pages on se dit que voilà encore une belle brochette de « vainqueurs », des personnages pour la plupart de quatrième zone qu’on s’attends à mépriser avec force. Dans le tas, seul Prodigy fait l’impression d’une trouvaille… Le premier ados qui se soit fait coffrer par Iron Man en personne à l’instauration de l’Initiative… On se demande pourquoi et comment personne n’avait pensé à nous montrer ce qu’il était devenu. Le placer là permet d’explorer une nouvelle facette de l’hypocrisie de l’Initiative… Passé Prodigy, les autres font pâle figure. J’imagine qu’il y a bien quelque part quelqu’un qui garde un souvenir ému des premières apparitions d’Annex dans les années 90 mais enfin bon au demeurant on se dit que tout ca ne va pas voler bien haut. Et puis il y a « Butterball », qui lui est carrément un looser qui n’existait pas avant… Bref, la première réaction est de se dire que Christos Gage va directement au casse-pipe avec une telle équipe de bras cassés… Mëme les formateurs du Camp Hammond n’en reviennent pas, d’une certaine manière…

Et puis Butterball commence à parler à Yellowjacket et à partir de là c’est pratiquement du non-stop. Gage arrive à recréer une dynamique de groupe qui n’est pas sans évoquer celle de Cloud-9, Trauma, MVP et les autres dans le premier numéro de The Initiative. Il y a tout de suite des liens qui se créent, des interactions qui naissent… Taskmaster a lui aussi quelques bonnes lignes de dialogues, souvent en écho de Butterball. Et en définitive les loosers ne sont pas ceux qu’on croit. Gage montre là qu’il est tout à fait capable de vieiller à la destinée de la série et que même dans le pire des cas, si Slott ne revenait pas, l’autre saurait tenir le cap. En fait dans cet épisode, la série arrive à démontrer qu’elle peut exister sans sa distribution originale, aussi bien en terme de personnages que de scénariste. Dessiné par quelqu’un d’autre, ce numéro serait sans doute à ranger par loin des Deadpool de Joe Kelly…

On l’avait déjà dit pour le numéro précédent mais c’est encore plus flagrant: La présence de Steve Uy aux dessins est tout simplement une triste erreur de Casting. Dans le passé je n’ai pas craint certains trucs de Uy parus dans des registres autres que du super-héros. Là, ca n’apporte aucun dynamisme à l’histoire, c’est plat, ca se traîne… En gros ca n’aide en rien le scénario. Alors que la série initiée au lendemain de Civil War doit maintenant s’installer dans la durée et que logiquement ses ventes se tassent, le choix de Uy s’apparente à accrocher un gros panneau « fuyez! » à l’attention des lecteurs (je le répète, ce n’est pas un jugement dans l’absolu sur Uy, c’est juste que l’adéquation entre ces persos et son style n’existe pas). L’épisode aurait été un bon truc – très reader-friendly pour ceux qui avaient manqué le début – si le dessin n’avait pas été ce qu’il est. Cependant en définitive le scénario est quand même très sympa et vaut la lecture, malgré les visuels. Mettez nous un dessinateur cohérent sur cette série et, que ce soit Slott ou Gage, ils arriveront à la remettre sur les rails quelque soit la configuration de l’équipe. La preuve est là.

[Xavier Fournier]