[FRENCH] 13ème épisode mais aussi baisser de rideau pour la deuxième saison de Walking Dead (dont le nom de code restera « Martine va à la ferme »). Après des rendez-vous très en dent-de-scie ces dernières semaines et parfois même franchement décevants, voici un passage charnière. On pouvait s’attendre à ce qu’il y ait une redistribution des cartes. Elle est là, mais surtout l’ensemble est livré avec une certaine émotion qui faisait parfois défaut dernièrement.

Le manque de temps aura fait que nous ne sommes pas revenus sur les deux avant-derniers épisodes de Walking Dead. Il y aurait à dire mais ce n’est pas l’objet du jour. Disons simplement que la semaine dernière le show a tout simplement salopé ce qui, dans les comics, était un point important de la série. Les choses improbables s’enchaînaient (on nous donne l’impression que les personnages marchent pendant des heures pour s’éloigner de la ferme puis finalement on voit qu’elle reste en vue), la caméra se contentait d’être posée sans le moindre parti pris et, enfin, la métamorphose d’un des personnages en zombie, voulant nous montrer les choses sous un autre angle, échouait lamentablement sans qu’il semble y avoir de direction d’acteurs. Sachant de plus que ces derniers temps la distribution a quand même perdu quelques personnages importants tandis qu’une partie de ceux qui restent passaient, au mieux, leur temps à pleurer dans la ferme d’Hershell (je dis « au mieux » parce que franchement qu’a fait le dénommé T-Dog ces dernières semaines en dehors de porter des caisses ?)… Bref, ce final de saison s’annonçait comme un instant crucial, le moment où ça passe ou ça casse. Ca semblait loin d’être gagné… Et pourtant…

Le début de ce treizième épisode commence par justifier quelque chose qui m’a fait tiquer la semaine dernière : d’un seul coup les bois sont pleins de zombies, comme par hasard cette nuit-là, alors qu’ils se faisaient rares jusqu’ici. On nous montre un peu ce qui amené les morts-vivants dans les parages et, même si l’explication ne tient pas entièrement la route, l’effort est louable. Bien vite, de toute manière, l’ambiance change. Les survivants, cette fois-ci, n’ont pas le temps de se livrer à la déprime générale. L’action reprend ses droits : Non seulement la ferme essuie un siège mais la réalisation elle aussi se fait beaucoup plus nerveuse. Il faut bien faire avec quelques plans surréalistes où on a l’impression que conduire en tout terrain, la nuit, sur des terrains infestés de zombies est une chose incroyablement facile. Mais globalement la chose a beaucoup plus de tenue que les épisodes récents et fait le ménage, virant quelques personnages inutiles. Dans les comics, la destruction de la ferme d’Hershell est un passage important mais les producteurs nous ont déjà montré qu’ils étaient capables de prendre leur liberté avec la chronologie de la BD, sacrifiant parfois des personnages bien avant ce qui était prévu dans l’histoire initiale. Du coup, personne n’est à l’abri. Ou en tout cas le spectateur a cette sensation. L’attaque, la défense et la fuite sont du coup beaucoup plus toniques…

Vient donc le moment de quitter la ferme. Reste à savoir qui s’en tire pour revenir en troisième semaine. On notera par ailleurs que le show accélère la prise de noirceur de Rick, qui devient un chef incontesté… mais perd au fur et à mesure la sympathie et la confiance des autres personnages. N’empêche qu’avec la disparition de quelques têtes charismatiques ce mois-ci on pouvait se demander si le show n’allait pas perdre un peu de son côté épicé. Le côté viscère à l’air ? Il est toujours là et la production ne fait pas mine de se calmer. Mais les fortes têtes semblaient une espèce en voie de disparition. La rencontre que fait Andréa nous promet l’arrivée d’un sang neuf, bien connu des fans du comic-book d’origine… Ce moment bref et de plus réalisé d’une manière qui ne peut que captiver l’imagination de ceux qui ne connaissent que le feuilleton. D’autres personnages reprennent du relief (même T-Dog a droit à sa petite scène). Reste les dernières secondes qui nous ébauchent ce que sera la saison 3. Là pour le coup je pense que le dernier plan sera énigmatique pour une partie des téléspectateurs. Mais pour ceux qui connaissent bien l’oeuvre de Robert Kirkman c’est la promesse d’un moment plus nerveux. Globalement cette saison 2 n’aura pas eu que des bons moments (l’interminable quête de l’enfant, des épisodes entiers tournés façon « Femmes au bout de la crise de nerfs »…). Mais elle n’aura pas été que mauvaise et, avec ce final, la production montre qu’elle a les éléments en main pour redonner de l’intérêt quand nécessaire. On a parfois perdu confiance en la série ces dernières semaines mais voilà de quoi nous faire attendre la saison 3, maintenant qu’une page est tournée… C’est clairement un épisode qui remonte le niveau. Maintenant à voir si la prochaine saison continuera sur cette relance…

[Xavier Fournier]