Stargirl (accompagnée du reste de la nouvelle génération de la Justice Society) achève sa première saison en sauvant (peut-être) Blue Valley et l’Amérique. Si la série joue assurément la carte du « feel good » tout en étant parfois vertigineuse dans ses allusions aux comics, le potentiel des personnages n’empêche pas, cependant, que par moments la machine s’enraille.

« My dad’s already a good person »

En treize épisodes Stargirl, la série, a trouvé sa place en proposant une direction à part. On n’est pas dans le « dark n’gritty » d’Arrow ou de certains super-collègues du grand-écran. On n’est pas non plus dans la menace cosmique à tous les tournants façon Flash (Stargirl joue plus la carte du danger de proximité). La série se veut positive et de manière assumée naïve sans pour autant tomber au niveau des Legends. Finalement Stargirl tiendrait sans doute plus d’un juste milieu entre Supergirl et les Runaways. Sauf qu’ici au lieu que ce soient les enfants des super-villains qui découvrent que leurs parents sont maléfiques, ce sont plutôt les gosses des voisins. La Justice Society telle que reformée par Stargirl (Brec Bassinger) défie donc ce dernier épisode la conspiration des adultes, bien décidés à faire tourner le monde à leur manière…

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« They’re going to believe in all the right things. »

Stargirl (à la fois la série et le personnage vu dans la série) a un peu les défauts de ses qualités. C’est à dire que l’on apprécie Courtney pour son optimisme sans faille, presque forcené, sa capacité à mobiliser les troupes. Mais dans le même temps il faut bien voir que l’essentiel de la saison a reposé sur une logique qui veut qu’il suffit de donner des super-gadgets à quatre ou cinq gamins pour qu’ils puissent tenir tête à des super-criminels endurcis. Dans le comic-book d’origine, Stars & STRIPES, il est vrai que c’était un peu l’idée mais la bande dessinée fonctionnant par ellipse, il était plus facile de se convaincre que Courtney s’entrainait entre deux épisodes. Elle avait aussi moins d’alliés dans sa série et moins d’adversaires (elle n’y affrontait pas l’Injustice Society pratiquement au complet). Du coup devenir « super-héros parce que c’est ton destin » a pu paraître particulièrement facile dans certains épisodes et c’est l’impression qui s’installe rapidement dans ce treizième chapitre.

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« Does this mean I get to be in the JSA? »

On peine à reconnaître les criminels qui massacraient la Justice Society antérieure dans les premières minutes du show (qui plus est une JSA qui comptait des pointures comme Doctor Fate et Green Lantern). Là, après une saison de build-up, d’Icicle ou Brainwave en mode « vous allez voir quand je vais vraiment m’énerver », leur débandade est vite apparente. Parfois c’est totalement assumé (comme la personne qui vient à bout d’Icicle et dans quelles conditions). Parfois le flottement est plus sensible. Certains « méchants » semblent ne pas s’intéresser au conflit (c’est carrément littéral pour la violoniste). A l’inverse, on se demande un peu pourquoi l’ex-Stripesy, qui a confisqué il y a quelques épisodes un sac bourré de talismans supplémentaires, n’a pas l’idée qu’ils pourraient être utiles pour la confrontation finale.

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« I’m free to slay the dragon. »

Clairement on sent la patte de Geoff Johns dans la série. Non seulement parce qu’elle est basée sur les quelques numéros de Stars & STRIPES mais aussi par une volonté affirmée de faire des allusions à la continuité des comics. L’aspect clin d’œil fera le bonheur des fans de longue date de DC… On reste cependant moins convaincu des chances des « newbies » de pouvoir saisir certaines références aux « Seven Soldiers » où même au Shining Knight. Car si ce dernier est là, on sent que la production a été rattrapée par son budget. Pas question de lâcher les sous pour une armure ou un cheval ailé en image de synthèse alors on a ce concierge un peu abimé qui agite une épée sans que le public puisse réellement se faire une idée de sa puissance (le chevalier avait finalement l’air plus imposant contre Shiv). A ce stade-là on se demande même s’il était nécessaire d’introduire le héros dès cette première saison, sans qu’il soit une grande utilité.

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« Until the next battle, Stargirl. »

En fait ce n’est pas tant l’écriture le problème de la série (en matière d’illogismes on est loin des records de Legends) que la réalisation qui parfois semble un peu bancale. Exemple ici dans une scène où Stargirl et Pat volent dans le ciel, dans un moment qui devrait générer l’émotion mais qui fait un peu artificiel. Il y a des choix affichés (comme le fait de ne pas garder la mise en place des futurs ennemis pour les dernières secondes mais laisser le dernier mot à des moments heureux et, peut-être, à l’espoir de retrouver un autre héros. Les protagonistes de Stargirl sont attachants. Cela vaut pour le rôle-titre mais aussi pour ses amis qui, selon les cas, enterrent leurs démons (Hourman) ou s’en découvrent de nouveaux (Wildcat). Quelque part au milieu Pat et Mike trouvent leur place. Mais on a cependant l’impression que la série se cherche encore. La saison 2 étant déjà commandée on attend de voir grandir Stargirl et le petit monde de Blue Valley pour qu’ils nous montrent de quoi ils sont réellement capables. Là, c’est sympathique mais un peu limite par endroits…

[Xavier Fournier]