On n’arrête plus les animateurs des bureaux de DC. Plus prolifiques que jamais, ils produisent un nouvel opus mettant en scène la Justice League et la Légion des Super-Héros. Aux commandes, le légendaire Bruce Timm.

Tout commence au XXIe siècle, la Légion des Suoer-Héros affrontent les Fatal Five. Les vilains tentent de remonter le temps pour altérer l’histoire et ainsi empêcher la création de la Légion. Mais tout ne se passe pas comme prévu et bien qu’ils arrivent en 2018, un virus installé par Brainiac-5 les emprisonnent dans la capsule temporelle. De plus, ils ont amené un invité surprise : le Légionnaire Star Boy. Problème, le héros a besoin d’un médicament de son ère pour rester sain mentalement… Du coup, il se retrouve enfermé à Arkham suite à un acte de « vandalisme ». Heureusement, Batman est suspicieux et se met en quête de trouver qui est cet étrange individu. De leur côté, Superman et Mister Terrific tentent d’ouvrir cette étrange capsule, sans savoir qu’elle enferme de terribles vilains. Et au milieu, la jeune Jessica Cruz essaie de maîtriser le pouvoir de la lanterne verte. Quelques mois passent et tout ce petit monde va se retrouver au centre d’un conflit temporel important. La Justice League sera-t-elle à la hauteur ?

UN BRIN DE NOSTALGIE

Justice League vs the Fatal Five est différent des derniers films d’animation DC car il reprend le design et la continuité du DCAU : l’univers animé de DC Comics créé par Bruce Timm (et Paul Dini) avec Batman, la série animée, Superman, Justice League et qui s’est achevé avec sa suite Justice League Unlimited. On retrouve donc l’atmosphère et l’ambiance de JLU. Bruce Timm et son équipe n’y vont pas en demi mesure. La trinité composée de Batman, Superman et Wonder Woman ont un design identique à celui de 2006. La musique reprend les différents thèmes musicaux des séries animées Batman, Superman et Justice League. Enfin, le casting est le même qu’à l’époque : Kevin Conroy en Batman, Susan Eisenberg en Wonder Woman et George Newbern en Superman. Bref, ils jouent le côté nostalgique à fond… et ça marche !! Les spectateurs de ces séries animés seront enchantées de se retrouver projeter dans le passé. Et les enfants qui découvriront cet univers pour la première fois seront sous le charme de cet univers plus édulcoré que celui des films animés DC récents. Édulcoré mais pas enfantin car comme à son habitude, Bruce Timm aime traiter des problèmes plus graves dans ses œuvres. Des héros avec des séquelles psychologiques graves : Jessica Cruz est paniquée depuis qu’elle a vu ses amis se faire tuer et Star Boy a de graves problèmes mentaux et identitaires.

UN PEU PLUS PRÈS DES ÉTOILES

Star Boy est la plus grande surprise de ce dessin animé. Personnage peu utilisé dans les médias de DC, il est enfin mis en avant. Cette version est basée sur celle créée par Otto Binder et George Papp, tout en y injectant une bonne dose de la version réinventée par Geoff Johns des comics Justice Society of America des années 2000. Thomas est capable de manipuler la masse d’un objet. Il peut donc les faire flotter ou les rendre plus lourd pour écraser ses ennemis. Malheureusement, il souffre de désillusions et d’amnésie quand il ne prend pas ses cachets de quatroclozapine, un médicament du futur. Le jeune homme se retrouve projeter à notre époque quand il tente d’arrêter une partie des Fatal Five. Sans médicament, il perd vite la tête et va devoir les héros de la Ligue qu’il n’est pas un simple illuminé avec des pouvoirs. Et c’est difficile quand on ne se souvient plus de rien !! Les scénaristes peuvent utiliser le folklore de la Légion sans avoir à se soucier de présenter chacun de ses membres. Un rapide tour d’horizon est fait et peut donner l’occasion de les ramener dans un prochain film.

UNE CONTINUITÉ PRESQUE DANS FAILLE

On l’a dit à multiples reprises, Justice League vs the Fatal Five joue à fond la carte de la continuité. Cependant, la Legion qui est déjà apparu dans la saison 3 de JLU ne semble pas être la même que celle de cet épisode. À vrai dire, c’était Supergirl qui était projeté dans le futur. Mais on se dit que la demoiselle aurait pu raconter son périple à ses coéquipiers. On peut supposer aussi, pour ne pas perturber cette continuité, que ces événements se passent avant cet épisode… L’autre élément nouveau, c’est l’arrivée de Jessica Cruz dans le rôle de Green Lantern. Apparue ces dernières années dans les comics, Jessica est une femme très angoissée suite au massacre de ses amis sous ses yeux alors qu’ils allaient camper (comme dans les comics). On comprend qu’ici elle est sauvée par une bague du Green Lantern Corps alors qu’elle chute d’une falaise. Mais elle ne devient pas un héros de suite et refuse de sortir de chez elle, traumatisée par cet événement. On suit son parcours durant cette bonne heure de film. Elle va s’épanouir dans son rôle d’héroïne. À tel point qu’elle devient rapidement le personnage principal de Justice League vs the Fatal Five. Pour autant, toujours dans un soucis de continuité, les autres GL ne sont pas oubliés et tout ceux qui sont apparus dans le DCAU sont mentionnés. De même, si certains membres fondateurs de la Ligue dans cet univers sont absents, des clins d’œil comme la venue hors caméra de Hawkgirl et de sa masse les évoquent. Une manière d’avancer et de permettre à des personnages secondaires d’être au premier plan. C’est le cas de Mister Terrific, ici membre important de la Ligue. Le choix n’est peut-être pas anodin car le justicier a connu un regain de popularité grâce à son apparition régulière dans la série TV Arrow. Miss Martian fait également ses débuts dans le DCAU. Elle aussi est devenue très populaire via l’autre cartoon Young Justice.

Quel plaisir de revoir ces personnages désignés par Bruce Timm et son équipe. On se retrouve projeter 10 ans en arrière et ça n’a pas vieilli d’un poil. Mieux maîtriser que le film Batman & Harley Quinn développé par la même équipe l’année dernière, Justice League vs the Fatal Five ne trahit pas le matériel d’origine, là où l’autre film jouait sur le côté sexy (voire sexué) et provocateur de Harley Quinn. L’action est omniprésente et le rythme est soutenu. On ne s’ennuie pas une seconde. Et ceux malgré des séquences plus posées et travaillées sur la psychologie des héros. Un film à dévorer en famille et qui donnera envie de voir our revoir les cinq saisons de Justice League.

[Pierre Bisson]