En parallèle de Justice League vs. Suicide Squad, Rob Williams, Si Spurrier et Riley Rossmo lèvent le voile sur le prototype de l’équipe d’Amanda Waller, « Suicide Zero », ou comment et pourquoi le gouvernement américain a pu empiler des êtres surpuissants tels que Lobo… avant de décider d’enfermer tout ce petit monde et d’en perdre la clé

Suicide Squad #9 [DC Comics]
Scénario de Rob Williams & Si Spurrier
Dessins de Riley Rossmo
Parution aux USA le mercredi 11 janvier 2017

Finalement, pourquoi l’équipe libérée par Maxwell Lord en veut-elle autant à Amanda Waller ? Il ne s’agit tout simplement pas d’un Suicide Squad « b » qu’elle se serait gardé sous le coude mais bien de précurseurs du Suicide Squad actuel, qu’elle envoyé vers une mort certaine par le passé. Ce Suicide Squad #9 nous raconte dans quelles circonstances précises et risque de surprendre un peu les habitués de la série, tant les figures habituelles (Deadshot, Harley Quinn…) ne sont pas au rendez-vous et tant le style des dessins de Riley Rossmo est différent (mais pour autant pas désagréable) de ce que l’éditeur tente de mettre en place sur la série ces derniers temps. En fait, ce numéro est essentiellement un one-shot qu’il aurait été délicat de publier de manière isolée sans que les sollicits trahissent un peu, à l’avance, le sens du crossover entre la Justice League et le Suicide Squad (et c’est sans doute pour cela que Maxwell Lord aussi a été traité dans les pages de la série Justice League). L’astuce permet aussi aux équipes créatives des séries concernées un numéro pour souffler.

« I reluctantly judged the secondary losses to be… acceptable. »

Globalement, il s’agit de démontrer que cette version « zéro » du Suicide Squad était une véritable bombe atomique, plus puissante mais avec encore moins d’état d’âme que la version actuelle de l’équipe. La question qui se pose, finalement, c’est la timeline de Lobo. Au demeurant, en voyant les teasers du crossover, le plus simple semblait être que le Lobo imberbe (celui qui a eu sa propre série solo dernièrement) avait régressé à un look antérieur. Mais la chronologie ne colle pas, le Lobo employé par Waller ne peut être ni celui qu’on a croisé dans Stormwatch au début des New 52 ni le Lobo hipster vu ensuite en solo (d’ailleurs ce dernier fait une apparition mineure dans un autre comic-book de la semaine). Dans le même ordre d’idée on remarquera que depuis Rebirth, Waller garde son embonpoint même dans des flashbacks alors que des titres précédents comme Team Seven infirmaient la chose. En dehors de la question de Lobo, qui sera sans doute gérée dans des épisodes à venir, on notera aussi que par le présent épisode DC fait aussi une pique appuyée en direction de la Corée du Nord (même si le pays fictif en question est supposé être une île, divers éléments nous ramènent vers la géopolitique réelle). Si seule Harley Quinn et ses co-équipiers vous intéressent, passez votre chemin, ce numéro s’inscrit dans un axe très différent de la série habituelle. Si par contre vous suivez Justice League vs. Suicide Squad, ce récit, sans réellement contenir de coup de théâtre, est un bon complément.

[Xavier Fournier]