Mark Millar et Greg Capullo nous ouvrent les portes de l’Au-Delà, façon Philip Jose Farmer rencontre Mad Max et le Walhalla. Alors qu’une vieille femme arrive au terme de sa vie et regrette sa décrépitude et sa solitude, elle se réveille près de ses proches disparus, dans un autre monde. Elle est désormais l’élue

Avant-Première VO: Review Reborn #1Reborn #1 [Image Comics]
Scénario de Mark Millar
Dessins de Greg Capullo
Parution aux USA le mercredi 12 octobre 2016

En 1971 le romancier Philip Jose Farmer s’est lancé dans le cycle du Fleuve de l’Eternité, Riverworld, dans lequel l’ensemble des êtres humains se réveille sur une planète inconnue, la plupart d’entre eux étant revenus dans la force de l’âge. Reborn, c’est un peu la même chose. Encore qu’il ne s’agisse pas de dire Millar a copié (dans une très vieille interview de Comic Box il nous expliquer détester placer des allusions à des livres). Sans doute qu’il s’agit plutôt de surfer sur l’archétype de la guerre éternelle après la mort, façon Walhalla. Dans Reborn, donc, Bonnie Black est arrivée au terme de sa vie, avec un sentiment de solitude, un goût d’inachevé. Mais la voilà qui se réveille dans un corps jeune, entourée d’autres humains occupés à combattre d’étranges créatures… qui paniquent la voyant. C’est essentiellement le pitch de la série mais aussi le résumé in extenso de ce premier numéro. Ce qui est important, c’est qu’à l’instar d’autres séries récentes comme Starlight ou Jupiter’s Legacy (encore qu’on aura l’occasion de reparler de celle-ci), Millar fait état ici d’une redécouverte du sens de l’émerveillement, d’une envie de croire en la seconde chance sur un ton beaucoup plus optimiste que ses projets d’il y a une quinzaine d’années.

« Wh-who are you ? How do you know my name ? »

Greg Capullo est en grande forme aux dessins, encore qu’on soit encore largement dans une phase d’introduction des concepts. Son style, ici, se place à mi-chemin entre ce qu’il faisait sur Batman et ses productions pour McFarlane. On voit peu, pour l’instant, les détails de la bataille homérique qui attend Bonnie mais la plupart des pages représentent représente une sorte de « Tante May » au crépuscule de sa vie, le genre de contexte passif qu’on représente peu dans les comics, pour lequel il y a peu de référence. Reborn #1, c ‘est un préambule. On y voit peu de choses de plus que ce qui avait été annoncé. Mais on y sent déjà la volonté, l’envie, la passion, une Bonnie qui, à la fin de sa vie, va recharger son existence. C’est d’emblée prenant et sans doute une des sorties les plus importantes de ce mois. A voir si l’émerveillement continuera sur les épisodes à venir ou si l’on nous réserve un twist.

[Xavier Fournier]