Le Buffyverse est en état d’alerte, alors que le gouvernement a décidé d’emprisonner toutes les créatures liées à la magie et de les soumettre à des expérimentations. Retire les vampires et autres monstres des rues ? En théorie ce serait une bonne nouvelle… Si le système faisait la différence en les bons et les méchants. Buffy et ses plus proches allié(e)s sont à leur tour persécutés et dépossédés de leurs pouvoirs…

Buffy The Vampire Slayer Season 11 #9 [Dark Horse Comics]
Scénario de Christos Gage
Dessins de Georges Jeanty
Parution aux USA le mercredi 19 juillet 2017

Depuis les débuts de la série TV Buffy (c’était moins vrai dans le film d’origine) on n’a pas manqué de pointer les structures communes entre les personnages de Whedon et l’univers des X-Men. C’est encore plus flagrant avec cette « saison 11 » de Buffy The Vampire Slayer qui marche beaucoup dans les pas du Days of Future Past des mutants. Il ne manque guère que les robots géants pour que ce soit plus explicite. Mettons que l’histoire a aussi un petit parfum de Civil War (pour la réaction liée au sort de San Francisco), avec Buffy, Willow et les autres privés de leurs pouvoirs, menacés d’être expédiés dans des camps et obligés de conclure des alliances avec des bestioles qui, en d’autres temps, étaient leurs ennemis. Ce n’est pas pour dire que Christos Gage ait copié quoi que ce soit mais bien que les parallèles entre ces deux mondes continuent. Et que ça fonctionne plutôt bien. Ici les enjeux sont une nouvelle fois à la hauteur de ce que l’on connaissait sur le petit écran. C’est en particulier bluffant en ce qui concerne Faith, la tueuse dure à cuire, qui n’a d’ailleurs plus les pouvoirs d’une tueuse mais continue d’en avoir l’attitude. En quelques phrases on a vraiment l’âme du personnage qui est là, comme si on avait « scanné » les DVD par magie…

« Smelled kinda like you. »

La chose qui change, par contre, c’est ce que peuvent se permettre les comics par rapport au petit écran. Pas de limitation de budget d’effets spéciaux, c’est certain (encore que ce fût plus visible dans certains numéros passés, entre géants et dragons) mais aussi une vision du sang qui est plus directe. D’autant plus que le propre de l’histoire est que Buffy, Summers et d’autres ramassent plus que d’habitude, sans leurs pouvoirs. Aux dessins Georges Jeanty est un véritable vétéran de la série. Sa narration est efficace mais il mériterait un encrage plus nerveux pour animer tout cela. En l’absence de cela les dessins restent très « factuels » en manquent d’un brin de folie. Par contre, globalement, l’univers de Buffy continue sa route d’une manière convaincante (fidèle mais sans pour autant stagner), qui devrait satisfaire les fans.

[Xavier Fournier]