Liam Sharp retrouve Wonder Woman dans cette minisérie où elle est appelée à faire équipe avec Batman (le titre étant d’office un bon indice). Mais avant tout le scénariste/dessinateur, connu pour son talent à mettre en scène des ambiances barbares, profite de l’occasion pour mettre au centre de l’histoire la mythologie irlandaise.

Batman And Wonder Woman #1Brave And The Bold: Batman And Wonder Woman #1 [DC Comics]
Scénario de Liam Sharp
Dessins de Liam Sharp
Parution aux USA le mercredi 21 février 2018

Wonder Woman et Steve Trevor profitent de trop rares vacances, loin de tout, lorsqu’ils sont contactés par un lointain cousin des dieux grecs, à savoir Cernunnos, divinité irlandaise de la fertilité. Ce panthéon-là a besoin d’aide et comme Wonder Woman est l’une des dernières divinités présentes sur Terre… les vacances avec Trevor attendront. Au même moment d’étranges phénomènes se produisent dans le quartier irlandais de Gotham City, poussant Batman à mener l’enquête, même si les choses s’avèrent rapidement bien en dehors de sa sphère habituelle. Liam Sharp n’est pas un étranger pour Wonder Woman, puisqu’il était il y a quelques mois encore le collaborateur/partenaire de Greg Rucka sur la série personnelle de l’amazone. Mais cette fois il occupe aussi la position de scénariste. Le fait est que dans un premier temps il est surtout préoccupé par l’idée d’installer le panthéon irlandais, rarement utilisé chez DC Comics et que cet épisode peut sembler par endroit un peu lourd en termes d’exposition, avec des dialogues parfois un peu forcés ou caricaturaux. Pour les personnages qu’il amène, ce n’est pas un défaut (encore que ceux qui ont acheté ce premier numéro pour voir Batman et Wonder Woman ensemble dans la même scène seront un peu frustrés).

« Hark at you, my warrior poet »

Ce sont plutôt les dialogues des deux héros principaux qui pêchent un peu. Wonder Woman, dans certaines pages, parle presque avec des accents un peu à la Thor. Un ton un poil trop divin pour l’image que l’on se fait de l’héroïne, en général beaucoup plus simple. De son côté Batman se parfum d’un brin d’amateurisme. Il voit une situation dont il ne sait rien et fonce tête baissée dans un véritable guêpier. A croire que c’est un personnage débutant et hésitant. Malgré ces réserves, Sharp installe bien la globalité de la mini-série dans le prolongement de ce que Rucka et lui ont pu faire sur le titre de Wonder Woman. Même avec quelques dialogues plus ou moins inspirés, l’auteur nous fait retrouver la Wonder Woman telle qu’on l’avait au 25ème numéro de Rebirth et bien plus inspirée que la plupart des visions qu’on nous propose d’elle dans les comics du mois en cours.

[Xavier Fournier]