Le mystérieux Mister Oz rode autour de Superman depuis le tout début du run de Geoff Johns et John Romita Jr, depuis partis vers d’autres projets. Mais on a pu le voir aussi depuis Rebirth dans d’autres séries kidnapper ou réintroduire des personnages comme bon lui semble. Au point que la fanbase se demande sérieusement si ce Oz ne serait pas connecté au responsable de Rebirth, s’il ne serait pas carrément… l’Ozymandias des Watchmen ! La réponse est dans ces pages…

Action Comics #987Action Comics #987 [DC Comics]
Scénario de Dan Jurgens
Dessins de Viktor Bogdanovic
Parution aux USA le mercredi 13 septembre 2017

Depuis le relaunch de l’an dernier, les séries Superman et Action Comics s’emploient à refaire du surhomme kryptonnien un héros qui affronte des menaces de première importance (c’est à dire que l’on tourne le dos à la phase « je n’ai que la moitié de mes pouvoirs et je suis obligé de m’engager dans un fight club pour vivre ». A ce petit jeu, passé quelques épisodes nécessaires pour définir l’espace entre Kal-El et son fils, le titre Superman a souvent paru mieux placé pour confronter le personnage à des dangers nécessitant ses pouvoirs (l’arc Multiplicity, par exemple), là où Dan Jurgens, dans Action Comics, s’est dépêché de nous ressortir Doomsday… Certes c’est une menace de première importance là aussi, mais c’est surtout un croquemitaine favori de Jurgens, fréquent scénariste de « Supie » depuis les années 90, ressort à intervalle régulier, en mode « je vous rappelle que j’en suis un co-créateur ». Disons que par rapport à la série Superman actuelle, Action Comics fait en général plus rengaine, avec un capital de surprise et de fraicheur moins marqué. Du coup, l’idée de traiter l’identité de Mister Oz dans un arc, The Oz Effect, qui se déroule dans Action Comics plutôt qu’ailleurs est à la fois un risque et une opportunité. Un risque que le scénariste préfère s’en tenir à ses marottes déjà utilisée depuis un quart de siècle. Une opportunité qu’au contraire il se serve de l’arc pour amener à niveau Action en reprenant une place centrale. A la lecture de ce premier chapitre de l’histoire, c’est plutôt la seconde hypothèse qui se profile, avec quelques petites touches « humaines » légères et sympathiques, comme la première confrontation entre Jon Kent et… Steve Lombard. Et puis très vite vient le « test », la démonstration que Superman ne peut pas tout faire, pas être partout, le tout orchestré par Oz… Il y a une dimension naïve à la chose (parce que même sans Oz, il y a tellement de drames et de catastrophes à la surface de la planète que Superman devrait être débordé) mais qui souligne, inversement, que le genre humain n’a pas besoin d’un Lex Luthor ou de n’importe quel super-vilain pour se mettre dans de sales draps.

« These people dont’ deserve you. They haven’t since the moment you arrived. »

Disons-le toute de suite : The Oz Effect n’est pas un de ces arcs qui va trainer l’affaire sur trois ou quatre épisodes en promettant une révélation qu’on ne lâchera que sur la fin. L’identité (en tout cas l’identité apparente) de Oz est abordée dès ce numéro, même par sa simple existence elle pose d’autres questions (mais qui semblent appelées à être traitées dès le prochain numéro). L’exercice reste casse-gueule puisque sous la cagoule d’Oz se cache effectivement un visage connu des lecteurs… Mais on a du mal à croire que celui qui a joué à Oz ne sera pas rapidement éjecté d’une manière ou d’une autre, tant sa présence semble s’attaquer à un mythe. Ce qui est intéressant c’est que Jurgens et Bogdanovic (qui apporte un dynamisme certain à l’histoire avec ses traits énergiques) sont véritablement dans la continuité des créateurs d’Oz. Au-delà de l’identité du bonhomme, Geoff Johns a un faible pour les « méchants » qui pratiquent l’amour vache, qui s’attaquent au héros dans l’idée que c’est pour son bien (Hunter Zolomon, par exemple) et ici Jurgens véhicule la même philosophie. On n’a pas de mal à croire/comprendre qu’il était prévu depuis le début que ce soit bien ce perso et pas un autre. Pour ce qui est du « comment » et du « pourquoi » (c’est quand même ce qui validera ou pas l’intérêt de la démarche), il faudra attendre la prochaine livraison.

[Xavier Fournier]