Powerless S01E01

Powerless S01E01

4 février 2017 Non Par Xavier Fournier

Ce n’est pas drle de vivre dans un monde de super-hros, o les combats peuvent tout moment retarder votre train ou menacer votre vie. Mais dans Powerless ( ne pas confondre avec le film de David Sarrio), Emily Locke s’en moque. Eleve dans une petite ville o l’on ne voyait les surhommes que de loin, elle rvait d’arriver dans une grande ville pour tre plus prs d’eux. Mais ses nouveaux collgues de la compagnie Wayne, eux, sont blass. Le nouveau show TV de DC Comics arrive l’cran et… comment dire…

« We know you’re trying »

Dans les premires minutes, on fait donc connaissance de Emily (Vanessa Hudgens), jeune femme dbordante de joie de dbuter chez Wayne Security ( l’origine il devait s’agir de Retcon Insurance) dans la grande ville de Charm City. Mais dans le train qui l’emmne au travail, elle est entoure de citadins blass qui ne font plus attention ce qui se passe autour d’eux, mme quand leur wagon se retrouve pris au milieu d’un combat de Crimson Fox. Allez savoir pourquoi, d’ailleurs, ce personnage est suppos tre Crimson Fox, n’ayant absolument rien voir avec le personnage des comics et ressemblant plus la Black Orchid des origines. Mais le temps que le lecteur tique sur cette curieuse utilisation, le prambule lui donne plus de grain moudre. A travers la fentre on voit un Starro gant atomis par une lumire verte, autrement dit un Green Lantern hors-champ. Puis le gnrique dmarre, en affichant tous les gages d’une certaine lgitimit, base d’animations de couverture d’Action Comics #1 ou du Green Lantern de Gil Kane ou encore une pince de Prez. Pour le public des comics, c’est peut-tre mme le meilleur gnrique, le plus fidle, qu’on puisse imaginer ! Et l on se prend rver. Depuis des mois, Powerless annonce son arrive avec des bouts de preview assez… passables. Est-ce qu’il s’agissait d’un faux-semblant ? Powerless serait une sorte d’Astro City humoristique, qui mettrait sur le devant le figurant de l’univers DC ? Est-ce qu’il y aurait plus d’ambition qu’on pouvait le croire ? Et puis le gnrique se termine et l’on dbouche dans une toute autre ralit.

« I was just making a joke ! »

Vous vous tes dj retrouv dans une soire o quelqu’un, se targuant de connatre des blagues, enchaine bide sur bide sans vouloir s’en rendre compte et continue sur sa lance ? Tel est un peu le drame de Powerless, srie humoristique dont on n’attendait pas grand-chose, mais dont le rsultat dgnre quand mme en une suite de gags pas drles, jous par un casting en mode automatique, avec des expressions si forces, si exagres, qu’on croirait parfois tre face des marionnettes. A commencer par Vanessa Hudgens qui joue (a tombe mal) le rle principal avec des grimaces perptuelles qui font qu’on se demande si elle n’a pas t infecte par le virus du Joker. On a connu des pantins des Thunderbirds qui jouaient avec plus de naturel que cela. Pire, Hudgens et ses collgues jouent un script laborieux qui n’est pas vraiment drle. Ou qui confond largement « drle » et « stupide ». On se prend se demander pourquoi DC/Warner ne se sont pas plutt tourns vers quelque chose qui aurait la trempe d’un Justice League International (version 80’s) ou une sorte de Big Bang Theory/How I Met Your Mother des super-hros. Le rle qui ressemblerait le plus la « funny » Justice League, c’est l’employeur d’Emily, Monsieur Wayne (oui mais alors non, pas celui que vous croyez), incarn Alan Tudyk, qui ressemble un peu au Maxwell Lord des annes 80 en riche irresponsable.

« That’s for taking my muffins ! »

Sorti de l vient tout un ensemble de nerds strotyps mais pas mieux crits, personnages pas vraiment sympathiques ou mme empathiques puisque le ressort de l’histoire est que tout le monde est blas en dehors d’Emily. La mme Emily qui est donc le maillon faible de la srie (en tout a de cet pisode) et qui gesticule comme si on tait en pleine Commedia Dell’Arte pour dire un simple « bonjour » ou « j’ai une ide ». Le show s’anime ensuite espaces rguliers lorsque les discussions des personnages principaux sont interrompus par des batailles ariennes, des petits bonhommes vus de loin, criant avec des voix tonitruantes. Certes sur ce dtail l c’est mieux que le tout venant d’un Agents of S.H.I.E.L.D. puisqu’il y de vrais super-hros ou super-vilains l’cran mais… vus de loin, de la taille d’un pin’s. La seule que l’on voit vraiment c’est donc Crimson Fox. Avec la mention lointaine d’un Jack O’Lantern ou mme d’un certain bat-justicier, le petit monde de Charm City pourrait voluer en priphrie de Justice League, donc, mais de trs loin. Et il n’y a pas ce niveau « vue de la rue » qu’on pouvait imaginer dans le gnrique. a, peut-tre que cela pourra se corriger avec du temps, suivant que les ralisateurs prennent leur marque ou pas. Ce qui est plus proccupant, c’est cet humour qui n’en est pas un, ou si peu, qui n’arrive pas la hauteur du Batman des sixties ou d’un show de Chuck Lorre (et c’est quelqu’un qui n’est pas spcialement fan de Big Bang Theory qui crit ces lignes). Il y a des fois comme a des titres qui ressemblent des actes manqus, des lapsus. Le mot « Powerless » (« sans pouvoir » ou « impuissant ») sonne finalement un peu comme un constant. A l’vidence le scnario a dj t refondu en profondeur (l’histoire n’a rien voir avec le teaser diffus il y a quelques mois). Mais dans l’tat et sauf reprise en main massive de l’criture, part vraiment un public de jeunes enfants qui ne tiquera pas devant le ct « bbte » et le manque d’intrt, qui le show pourrait bien s’adresser ?

[Xavier Fournier]