Jean Grey n’a pas encore fini de former son escouade de X-Men, la branche Red, que l’embryon de groupe se retrouve déjà accusé de meurtre et à la base d’un incident diplomatique international. Heureusement Jean n’est pas sans appui. Ses partisans et elle sont réfugiés dans un pays d’où on ne peut les extrader. Sauf que bien sûr c’est à ce moment-là que quelqu’un les appelle à l’aide, à l’étranger.

X-Men Red #2X-Men Red #2 [Marvel Comics]
Scénario de Tom Taylor
Dessins de Mahmud Asrar
Parution aux USA le mercredi 7 mars 2018

Après le retournement de la fin du premier numéro, les X-Men Red cherchent leur niveau de croisière et semblent même un peu sages par rapport au mois dernier. Norma, cette fois-ci Tom Taylor tient Namor à l’écart et occupe la première partie du numéro à une retraite au Wakanda. Ce qui est doublement cohérent, puisque Black Panther fait partie des sponsors de Jean Grey. Et sans doute que cela fonctionne particulièrement bien pour le grand public, sensibilisé au rôle du Wakanda à la fin de Captain America: Civil War, c’est à dire une sorte de « Suisse des super-héros ». Taylor ne se précipite pas pour formaliser la constitution de son groupe (par exemple la présence de Gentle/Nezhno est anecdotique). En fait l’auteur privilégie la quête de sens, en évitant les pièges du who’s who des mutants. Les X-Men Red doivent se définir d’avoir par leurs objectifs, leur raison d’être, plutôt que de tourner à un empilement de personnages. Du coup, les mettre dans une situation où ils doivent aider autrui au mépris de leur propre bien-ètre est peut-être classique, mais c’est une démonstration efficace que ces mutant-là ne vont pas se contenter de se terrer dans un manoir ou dans les limbes.

« Political exile is awesome!!! »

Faute d’un twist aussi fort qu’à la fin du numéro précédent, le dessinateur Mahmud Asrar reste l’un des atouts forts de cette série. Il s’éclate en donnant du relief, de l’expression et du volume à ses silhouettes. Mais il donne aussi, à l’occasion, un clin d’œil vers ce qui a précédé. La double page où Jean est dans la tête de ses co-équipiers est cohérent avec certaines choses que Stuart Immonen faisait sur ses propres épisodes des All-New X-Men. Même si la menace qui pointe le bout de son nez à la fin de l’épisode est un peu académique, même si c’est un gros cliché que la menace en question se trouvait justement garée sous les pieds des X-Men, il n’en reste pas moins que la Team Red reste parmi les séries les plus potentiellement intéressantes de la gamme mutante.

[Xavier Fournier]