Thor n’est plus Unworthy, n’est plus Mighty et… n’est plus Jane Foster. Inspiré par son amie, le fils d’Odin a décidé d’assumer à nouveau le rôle de dieu du Tonnerre. Mais la chose n’a rien de facile. Il lui faut retrouver une arme de prédilection qu’il puisse manier de façon naturelle. Et aucun marteau ne semble résister aux tests. Dommage pour Thor, alors qu’il se retrouve face à l’un des adversaires les plus costauds de l’univers Marvel.

Thor #1Thor #1 [Marvel Comics]
Scénario de Jason Aaron
Dessins de Mike Del Mundo & Christian Ward
Parution aux USA le mercredi 13 juin 2018

Jason Aaron ouvre un nouveau volume du méga-arc qu’il a commencé avec Thor: God Of Thunder, puis Thor, puis Thors, puis Mighty Thor (et en parallèle Unworthy Thor) et enfin à nouveau Thor tout simplement. Mais si l’industrie des comics aime multiplier les numéros un, la relation d’Aaron avec Thor se découpe en véritables phases, comme autant d’étapes différentes du mythe. C’est donc certes un Thor classique que nous retrouvons dans ces pages, oui, mais un Thor changé par ce qu’il a traversé. Tantôt peu sûr de lui, tantôt un peu vantard, voilà le héros lancé pour une nouvelle mission pour Asgard, qui consiste à récupérer un talisman détenu par une société secrète connue des fans de séries mutantes. La déconstruction puis reconstruction de Thor entamée ces dernières années porte ses fruits, le personnage est à la fois faillible et courageux. Sans repasser par la case Don Blake, il y gagne cependant beaucoup en humanité. Déjà compère d’Aaron sur d’autres projets (Weird Worlds), Mike Del Mundo conserve son style atypique mais tout à fait indiqué pour ce titre. Il gère aussi bien les scènes d’action que des moments un peu plus humoristiques, qui demandent des mimiques du protagoniste.

« Maybe now they’ll give the woman her job back. At least she’s got two arms. »

De Jane, il est un peu question aussi et l’on se demande si Aaron ne se garde pas en réserve une sorte de bouquet final dans la guerre à venir, depuis longtemps promise. Pour l’heure il insiste sur le côté attractif/addictif du pouvoir de Thor, mais clairement la porte n’est pas totalement refermée pour un éventuel retour de l’autre déesse. Sans attendre, Aaron peut de toute manière compter déjà sur plusieurs Thors, profitant de sa narration sur plusieurs époques. Ce premier numéro de la nouvelle série est donc divisé en deux parties. D’une part le Thor contemporain, de l’autre le Thor d’un lointain futur, désormais monarque, entouré de ses petites-filles. Cette famille de dieux a été un fil rouge narratif d’Aaron mais le plus souvent ils étaient comme des observateurs, parlant du passé. Dans cette deuxième partie, illustrée par Christian Ward, il y a cette fois beaucoup plus d’action, alors que scénaristiquement Aaron retrouve et fusionne deux personnages qui lui sont chers. A se demander si ce Thor du futur ne pourrait pas s’imposer comme un reflet, un écho, de ce que l’auteur prépare en ce moment dans les pages d’Avengers.

[Xavier Fournier]