Ça y est ! Supergirl est repartie dans l’espace, bien décidée à en apprendre plus sur le vrai destructeur de Krypton. Mais comment un être comme Rogol Zaar (dont la puissance de feu n’est égalée que par le manque de discrétion) peut-il être totalement inconnu au bataillon. Premier arrêt chez le Green Lantern Corps, pour inspecter leurs archives. Mais la situation va vite échapper à Kara.

Supergirl #22Supergirl #22 [DC Comics]
Scénario de Marc Andreyko
Dessins de Kevin Maguire
Parution aux USA le mercredi 12 septembre 2018

Quelle place trouver à Supergirl dans un univers DC où Superman occupe déjà toute une partie de la « niche » de ce genre de personnages ? Depuis un peu plus d’une dizaine d’années, des auteurs successifs ont choisi de faire de Kara quelqu’un qui n’est pas aussi naturellement confiant que son cousin Kal-El. Parce qu’elle est moins à sa place sur Terre (le temps qu’elle y a passé est sensiblement moins long que dans sa version TV), elle est aussi, par conséquent, beaucoup plus dans son élément naturel quand il s’agit d’errer dans l’espace, pour venger la culture kryptonnienne. Si la récente minisérie Man of Steel donnait l’impression d’éjecter la jeune femme aussi loin que possible du mythe de Superman, façon « va donc voir ailleurs », l’arc entamé par Andreyko et Maguire lui rend au contraire une spécificité. S’il s’agissait de Superman passant visiter les Green Lanterns, on se doute que la rencontre serait plutôt polie. Là, Kara n’a pas la sensation qu’on lui dit tout… Du coup, elle n’agit pas autrement et avance elle aussi « masquée ». Superman aurait demandé, Supergirl a un autre tempérament. Elle ne demande pas. Elle le fait. Avec tout le chaos qui peut en résulter. Mais ce numéro laisse aussi apparaître une nouvelle donne : le seul indice que possède la super-héroïne, la hache de Rogol, qui se révèle doué d’une volonté propre et qui… à sa manière… semble vouloir aider Kara.

« Omigod. The axe! But that’s impossible! It’s deactivated (I think)! »

Si elle est plus dure que Superman sur certains aspects, Kara est aussi, en d’autres occasions, tout simplement plus spontanée que son cousin. Cela demande qu’elle se montre très expressive, très étonnée, dans certaines cases. Et pour le coup le dessin de Kevin Maguire est tout simplement totalement approprié. Il donne à cette odyssée dans l’espace la dose nécessaire d’action mais aussi de sentiments. Avec un style très détaillé, Maguire s’en tire aussi bien dans des passages muets, qu’il s’agisse d’un moment dans l’espace où d’une scène où Supergirl se lance dans l’infiltration. Il n’y a pas de paroles, tout au plus quelques commentaires, mais l’artiste véhicule les changements d’expression de l’héroïne. C’est propre, détaillé et efficace. Qui plus est la fin de l’épisode nous démontre que la quête de Supergirl ne va pas se perdre longtemps dans des méandres et qu’on en saura bientôt plus sur la mystérieuse organisation qui a fermé les yeux sur les agissements de Rogol Zaar. Un bout de cosmogonie injecté par Bendis mais qui, peut-être, en viendra à jouer un rôle marquant dans la géopolitique de l’univers DC. Intéressantes à lire au premier degré, les aventures actuelles de Supergirl (et du chien Krypto) auront peut-être, en plus, des retombées durables… En espérant, d’ici là, que l’équipe créative en place restera le plus longtemps possible.

[Xavier Fournier]