Les Web-Warriors ayant été laminés par les Inheritors, la place est libre pour une équipe de Spider-Men qui irait remplir quelques missions à travers les réalités alternatives. Mais quand vous organisez un nouveau groupe autour de Kaine, il faut vous attendre à ce que les méthodes soient expéditives et que tout le monde soit sacrifiable…

Spider-Force #1Spider-Force #1 [Marvel Comics]
Scénario de Christopher Priest
Dessins de Paulo Siqueira
Parution aux USA le mercredi 31 oct 2018

Après les X-Force et autres Cyberforce, l’existence d’une Spider-Force n’était qu’une question de temps. D’ailleurs Christopher Priest ne cherche pas à cacher la logique derrière le concept et colle directement l’adjectif Uncanny devant le nom Spider-Force, cultivant ainsi la ressemblance avec la Uncanny X-Force de Rick Remender. Ici, au lieu de Wolverine organisant sa propre équipe de « black ops », c’est bien le cynique Kaine qui réunit quelques spider-personnages (dont deux inédits dans ce premier épisode). La Spider-Force doit son existence aux discussions apparues dans Spider-Geddon #2, à savoir qu’une partie des spider-totems se disent que s’ils avaient exterminés depuis le début les Inheritors il n’y aurait plus de problème. La toute nouvelle Spider-Force est donc une alliance de circonstance réunissant quelques héros prêts à tuer s’il le faut. Ce qu’ils n’ont peut-être pas anticipé, c’est que Kaine lui-même est préparé à sacrifier n’importe qui et que suivre ses ordres n’est pas le plus sûr moyen de rentrer à la maison. En fait, l’épisode commence à peine que la plupart des protagonistes semblent déjà condamnés.

« How many years you been seventeen? »

Priest est un auteur sur lequel on peut compter pour écrire des personnages au comportement imprévisible, qui suivent une logique qui leur est propre. Sous sa plume Kaine a globalement le ton acerbe que Peter David a entretenu ces derniers mois dans la série Scarlet Spider. Priest y rajoute cette situation de héros « embarqués », prisonniers du plan du clone de Peter Parker. Il se ménage aussi une réserve de surprise avec l’ajout de deux nouveaux héros alternatifs, le jeune Spider-Kid (qui a une âme d’activiste social) et le plus mystérieux Astro-Spider, à peine aperçu. Le dessinateur Paulo Siqueira anime cette mission en se laissant la place pour quelques scènes d’exposition dynamique, permettant à Spider-Woman ou Astro-Spider de briller. Même si on est plutôt dans une minisérie et pas dans un projet prévu pour durer 40 épisodes, Priest tire parti du fait qu’il dispose de héros nouveaux ou de seconde zone, soit un casting aisément sacrifiable. Il n’est pas du tout certain que la majeure partie des personnages s’en tirent. Ce qui fait qu’on est vraiment curieux de voir quel sort le scénariste leur réserve, en marge de Spider-Geddon.

[Xavier Fournier]