Depuis le Silver Age, quand Hawkman ne se repère pas rapport à son amour envers Hawkgirl/Hawkwoman, il n’a qu’une autre boussole, son ami de toujours : Atom, le titan microcosmique. Il n’est donc étonnant que dans sa quête d’identité et d’information Carter Hall se tourne maintenant vers Ray Palmer, continuant la thématique de la (re)découverte d’autres mondes.

Hawkman #5Hawkman #5 [DC Comics]
Scénario de Robert Venditti
Dessins de Bryan Hitch
Parution aux USA le mercredi 10 oct 2018

Hawkman dérive d’une incarnation à une autre mais sa récente visite à Thanagar lui a permis de mettre la main sur un talisman qui n’est qu’une énigme de plus mais qui le guide vers une nouvelle destination, Carter Hall se retrouve dans le Microverse, en compagnie de son meilleur ami, Atom. Si l’actuelle série Hawkman est née des retombées de Metal, on est plus, cette fois, dans le registre du Rebirth de 2016, la « bromance » entre Hawkman et Atom dégageant un peu les mêmes émotions que les retrouvailles entre Barry Allen et Wally West (encore que cette fois-ci les deux personnages n’ont pas de problème pour se souvenir l’un de l’autre). La quête de Carter commence à devenir une sorte de chasse au dahu, chaque nouvelle halte déclenchant une quête annexe. Ainsi, il ne suffit pas de se retrouver dans le Microverse avec un indice de plus. Les questions soulevées vont entrainer les deux amis vers un monde encore plus dangereux. Le fait est que la quête, ici, n’occupe plus le premier plan. Tout repose sur la réunion improbable de l’homme-ailé et de son pote qui peut changer de taille. D’ailleurs Venditti ne tente pas de nier la situation. Bien au contraire, même, il l’assume. Pour preuve un cliffhanger qui n’en est pas un (alors que le scénariste aurait aussi bien pu clore l’épisode un peu plus tôt dans la même scène). Il ne s’agit pas de mettre en avant le danger mais de bien de célébrer le tandem formé par les deux héros. A se demander si Venditti n’a pas envie de révéler plus tard que Ray n’est qu’une incarnation de plus de Carter.

« I can apply my science a little differently here. »

Elément essentiel du succès de la série, Bryan Hitch tient la cadence, même s’il faut bien avouer que sur une ou deux pages les détails des visages laissent à désirer (mais peut-être s’agit-il d’un problème d’encrage ? Hitch et Andrew Currie semblent s’être partagés le travail sur les finitions, ce qui explique peut-être ces aléas). Là où le dessinateur gagne entièrement sa place, c’est dans un style dynamique même quand il s’agit simplement de scènes de dialogues tranquilles entre les deux amis (dialogues sans doute un poil long d’ailleurs, Venditti gagnerait à ne pas nous resservir à chaque nouvelle rencontre l’explication de la quête d’Hawkman, la chose pourrait être traitée par ellipse). Les masses des corps, les angles des vues, tout est rythmé. Hitch se garde aussi des doubles pages à des endroits stratégiques, moments qui permettent presque de représenter en contre-champ les perspectives individuelles de Ray et Carter. Il y une scène de vol avec Atom sur l’épaule d’Hawkman et presque, pour ainsi dire, la situation inverse. Venditti et Hitch continuent d’entretenir le ton « aventureux » de la série depuis son lancement. Le multivers est en danger, les death-bringers risquent de le détruire… Mais le titre refuse de sombrer dans le « dark n’gritty », il y a une certaine forme d’optimisme qui anime les héros à chaque instant, comme deux surhommes à qui on ne la fait plus mais qui dans le même temps n’ont pas perdu leur capacité à s’émerveiller.

[Xavier Fournier]