Doctor Strange se retrouve face à un mage venu de l’espace. Un mage qui a besoin de ses pouvoirs pour sauver sa propre planète, menacée par l’appétit de Galactus. Ce n’est pas tant le combat qui s’engage qui va catastropher le Sorcier Suprême qu’une remise en cause cosmique de l’équilibre entre science et magie.

Doctor Strange #12Doctor Strange #12 [Marvel Comics]
Scénario de Mark Waid
Dessins de Barry Kitson
Parution aux USA le mercredi 27 mars 2019

Il semble que la puissance et la versatilité de Doctor Strange pose un certain problème aux scénaristes qui se sont succédés sur sa série tant un cycle ne cesse de se répéter (même le personnage semble en être conscient dans les premières pages). Ce cher Stephen perd sa magie, qu’elle soit détruite ou siphonnée par un autre personnage et même les talismans de sa demeure sont « vidés ». Et voilà le héros obligé de se battre avec une approche minimaliste et une massa d’arme à la main. Mais… Jason Aaron ne nous avait-il pas déjà livré une histoire de ce genre il n’y a pas si longtemps ? Mark Waid lui-même ne sort-il pas d’un récit où le sorcier, privé de ses pouvoirs, devait aller les rechercher dans l’espace ? Pour le coup on ne peut vraiment dire que les préliminaires de Doctor Strange #12 soient très originaux. Et c’est bien dommage parce que cette mise en place un peu laborieuse cache une problématique autrement différente. Waid rebondit sur la thématique qui est la sienne depuis le début de l’actuelle série (l’opposition entre le « cosmique » et le « magique »), utilisant Galactus (à l’évidence très actif ces temps-ci puisqu’on le trouve dans un rôle très différent dans les épisodes actuels des Fantastic Four) dans une situation inédite. Le « résultat » de l’épisode (la situation nouvelle sur laquelle il débouche) est bien plus intéressant que le récit de comment Stephen se fait une énième fois piller la puissance de ses babioles magiques.

« …Now is not the time to be subtle. »

Ce qui est surprenant c’est qu’on peine à reconnaître le dessin de Barry Kitson, à part sur une ou deux pages. La formulation à son importance et Scott Koblish étant crédité non pas pour l’encrage mais bien pour les finitions, il est probable que soit le dessinateur ait été pris par le temps, obligeant l’encreur à en faire plus que d’habitude… soit Koblish a eu la main un peu lourde sur l’encrage, gommant un peu ce qui fait le dessin « kitsonnien ». Globalement la narration est assez basique (en particulier le combat entre Strange et Zoloz), elle n’utilise aucun effet de plongée, de contre-plongée (à part un moment où Stephen se libère et où il n’y a pas véritablement de tension directe), le point de vue reste essentiellement posé au même niveau. Comme on l’a dit, la majeure partie du numéro est une mise en place peu originale qui débouche finalement sur une situation plus nouvelle. Comme, de son côté, le dessin expédie un peu les affaires courantes, l’histoire à beaucoup de mal à décoller jusqu’à ce qu’on s’oriente enfin vers une confrontation entre la magie et Galactus. Espérons que l’épisode suivant sera plus à la hauteur de cette idée.

[Xavier Fournier]