Alors que la famille Gordon est touchée par une nouvelle tragédie familiale, Batgirl réévalue ses priorités dans la vie, tout en continuant de patrouiller dans Gotham City. Est-ce pour la dernière fois ? En tout cas c’est l’ultime numéro de la série… De quoi se demander jusque dans les dernières pages s’il s’agit d’un aurevoir… ou pas.

Batgirl #50Batgirl #50 [DC Comics]
Scénario de Cecil Castelluci
Dessin d’Emanuela Lupacchino, Marguerite Sauvage, Aneke
Parution aux USA le 27 octobre 2020

Comme nous le disions dans notre chronique de Three Jokers #3, c’est une grosse semaine pour la Bat-Famille puisqu’en dehors du flot de séries consacrées à Batman plusieurs titres « alliés » s’arrêtent en même temps. A commencer par Batgirl, alors que DC Comics entretient une ambiance qui laisse entendre une relève imminente de l’héroïne portant ce nom. Joker War et Batman #100 laissaient entendre un retour de Barbara au poste d’Oracle, avec une ou deux jeunes héroïnes bien positionnées pour (re)prendre l’identité de Batgirl. L’introduction éclair de Ryan Wilder (la future Batwoman de la télévision) pourrait même renforcer cette idée. Mais ce n’est pas la route qu’emprunte ce Batgirl #50, dernier numéro du volume en cours. Pas de scène désespérée où Barbara mettrait son costume à la poubelle, poussée à bout par un deuil qui la touche de près. Au contraire Cecil Castelluci temporise et transforme une bonne partie de l’épisode en « character study », c’est à dire en une suite de moments qui permettent de souligner la mentalité de Barbara et tout ce qu’elle apporte. Castelluci est d’ailleurs très explicite sur ce point, en laissant d’abord la part belle à Barbara en civil, à la fois assistante d’une politicienne et femme impliquée dans les mouvements sociaux du moment. Mine de rien, même s’il s’agit de montrer Gotham après les attaques du Joker, on en arrive à une société polarisée finalement très proche de la réalité occidentale du moment…

« A typical day in Gotham. I have my routine down. »

Emanuela Lupacchino prend un plaisir communicatif à illustrer l’histoire principale mais elle n’est pas la seule. Marguerite Sauvage prend la suite dans une histoire toujours écrite par Castelluci, qui là aussi prend des airs de parabole du monde de 2020, Batgirl y combattant Vi Ross (prononcer Vi Rus), une criminelle qui renvoie non seulement au cybercrime mais aussi à la menace virale. Au passage l’héroïne en profite pour croiser la Justice League et sa copine Supergirl. Dans le genre, un dernier segment, dessiné par Aneke, fait le point sur le côté geekette de Barbara et la réunit avec les Birds of Prey (mais pour le coup cette troisième histoire est un peu à l’étroit et ne peut guère donner dans la subtilité). Globalement, il s’agit bien de saluer Barbara Gordon pour ce qu’elle est, les valeurs qu’elle représente. Difficile de penser qu’elle est réellement tirée d’affaire et que 2021 ne sera pas l’occasion d’un rôle différent pour elle. Mais ce dernier numéro s’emploie à démontrer que quoi qu’il arrive, sous quelque alias que ce soit, Barbara a encore bien des choses à dire dans le monde actuel. C’est un hommage bienvenu, qui laisse entendre que le personnage continuera de compter. Mais on reste avec l’impression que la Bat-famille (c’est à dire pas seulement Batgirl) est à l’aube d’une remise en cause générale.

[Xavier Fournier]