Dan Slott et R.B. Silva nous font vivre le démarrage d’Empyre vu du côté des Fantastic Four. Si le précédent prologue, consacré aux Avengers, nous laissait entrevoir une confrontation immédiate, Empyre #0: Fantastic Four s’emploie à introduire de nouveaux pions sur l’échiquier. Là aussi c’est la guerre, mais peut-être pas celle à laquelle les autres héros terriens se préparent.

Empyre #0: Fantastic FourEmpyre #0: Fantastic Four [Marvel Comics]
Scénario de Dan Slott
Dessin de R.B. Silva & Sean Izaakse
Parution aux USA le mercredi 8 juillet 2020

La conclusion d’Empyre #0: Avengers voyait les « héros les plus puissants de la Terre » accepter de défendre les Cotati, peuple pacifiste avec lequel ils ont un historique, contre une alliance hors-norme entre les Kree et les Skrulls. Problème, les dernières pages nous montraient aussi les Fantastic Four dans un contexte où l’on pouvait penser qu’ils avaient choisi le camp d’en face. En fait Dan Slott prend dans cet autre numéro zéro une toute autre approche. Il ne s’agit pas tant de définir que les FF ont choisi un camp ou un autre mais bien de montrer que dans toute guerre il y a des profiteurs invisibles, des charognards, des gens qui ne font partie d’aucune faction apparente mais qui s’efforcent de tirer les marrons du feu. Empyre #0: Fantastic Four permet donc aux héros en titre de renouer avec des Kree et des Skrulls mais la fonction première reste d’introduire Profiteer (nom dont la subtilité est à toute épreuve), membre des Anciens de l’Univers qui s’est spécialisée dans l’exploitation d’une certaine ambiance guerrière. En fait il faut considérer qu’on en est déjà au troisième chapitre d’Empyre : Incoming nous montrait un personnage lié aux Avengers choisir le camp de « l’empire », puis le premier zéro plaçait les Avengers dans le rapport de force. Et cet épisode-là introduit un élément perturbateur plus qu’il ne positionne les FF. Tout s’organise sur l’échiquier avant que les hostilités ne commencent vraiment.

« He ain’t no jobber, he’s here to clobber! »

Comme Al Ewing du côté des Avengers, Dan Slott démontre à quel point tout est valable. Son histoire s’appuie sur des références qui remontent à Jack Kirby (sans pour autant que le récit soit hermétique) avec des allusions à des personnages comme Torgo. R.B. Silva dessine le tout dans une ambiance enjouée, qui laisse la place au danger quand il le faut sans être spécialement rabat-joie. Reste que l’épisode est moins guerrier qu’on pouvait le croire à la lecture du chapitre des Avengers. Et surtout Profiteer peine encore un peu à s’imposer, tant le personnage ressemble à une version féminisée du Grandmaster du cinéma. En fait elle ressemble plus au Grandmaster de Thor: Ragnarok que celui-ci ressemble à son modèle des comics. Au point que Profiteer en imite les arènes. Il faut cependant se souvenir qu’on est au prologue et que tout n’est pas encore dit/montré la concernant, qu’il reste de la place pour rajouter des éléments. A ce stade d’Empyre, ce qui est agréable en tout cas c’est que tous les auteurs impliqués s’activent pour dresser un portrait fidèle et riche des principaux protagonistes, leur comportement actuel s’appuyant sur des sources qui remontent sur des décennies. Leurs décisions semblent donc à la fois naturelles et logiques (pour eux). Reste à voir où tout cela va nous amener mais il y a le potentiel pour bien secouer les différentes galaxies…

[Xavier Fournier]