[FRENCH] Un épisode de Walking Dead avec trois intrigues parallèles, le groupe survivant s’étant divisé autour de trois endroits/quêtes. Les zombies sont bien entendu encore de la fête. La production tient là le bon bout pour éviter les épisodes trop intimistes ou ceux où il n’y aurait que de l’action qui ne ferait pas progresser les personnages, même si le pré-générique semble ne promet qu’un simple… passage à la salle de bain ?

Carl est toujours entre la vie et la mort (ce qui, dans le contexte de Walking Dead, peut finalement vouloir dire des choses très différentes) et ses parents sont à son chevet, tentant de le sauver par transfusion. Il s’agit de lui éviter une opération qui, dans cet environnement, serait pour le moins compliquée à mettre en place, surtout quand le seul médecin dans les environs n’est qu’un vétérinaire. On pourrait se dire que cette partie est très statique dans la mesure où il s’agit surtout de rester assis en se demandant si Carl va ouvrir ses yeux ou arrêter ses convulsions. Mais, in fine, ce n’est pas le sort de l’enfant qui est le nerf de la guerre mais bien la discussion entre les deux parents, qui débouche sur un horizon fataliste cher au Walking Dead qu’on connait dans les comic-books. A quoi bon se battre dans ce monde sachant que, comme le veut la vieille citation latine, « Omnes vulnerant, ultima necat » (Approximativement: « Toutes les heures blessent, la dernière tue… »). Même si on sauve Carl, il est certain qu’un jour ou l’autre il finira, comme tout le monde, réduit au rang de zombie titubant. Et Lori en vient à se demander si ceux qui sont restés dans le bunker à la fin de la saison 1 n’ont pas fait le bon choix. Le sentiment de désespoir est tangible et fidèle à ce que Kirkman injecte en divers endroits de ses comics. Cette fois Sarah Wayne Callies a une bonne raison d’être le moteur de la discussion, Andrew Lincoln jouant un Rick sonné pour cause de transfusion (et en venant finalement, par sa démarche hésitante, à ressembler à un zombie lui-même). Ce passage installe aussi une bonne montée en puissance de Glenn, qui cesse d’être seulement le « bon gars au second plan » pour montrer plus de profondeur…

Du côté du van, Andrea (Laurie Holden) n’a toujours pas digéré d’être obligée de survivre à sa soeur. Pour cette partie du groupe l’atmosphère est invivable, Carol ne cessant de pleurer après sa fille disparue. Il est « drôle » d’ailleurs de voir comment Rick et Lori sont représentés comme des parents responsables à travers leur chagrin et leur inquiétude pour leur enfant tandis que l’angoisse de Carol est ressentie comme une gène. Rick et Lori font ce qu’ils peuvent pour sauver leur fils tandis que Carol est passive et plutôt du genre à pleurer jusqu’à ce que les autres fasse ce qu’il faut pour elle. Du coup Daryl et Andrea montent une petite patrouille nocturne (la chose à ne surtout pas faire dans un monde infesté de zombies les enfants !). On comprend que pour Andrea ce serait presque un « mode de sortie honorable ». Bouffée par les zombies elle trouverait la délivrance. Ce serait un suicide qui n’en serait pas un. Ce qu’elle va observer dans sa ronde de nuit va cependant lui faire revoir ses priorités. Chapeau, une nouvelle fois, aux scénaristes et à la prod pour oser le malsain dans un feuilleton devenu par la force des choses mainstream. Là où d’autres feuilletons sont devenus parfois esclaves de leur succès (d’un seul coup ça marche alors on n’ose plus prendre de risques), la « découverte » de Daryl et Andrea n’est pas seulement gore (ça on en a l’habitude dans ce feuilleton). Elle enchaîne même le dégout des personnages à l’écran… Discussions sur le suicide, sur la décrépitude ? scènes de vomissement ? Dans certaines chaumières américaines des dents ont sans doute grincé lors de ce passage…

Et puis il y a celui qui est d’une certaine manière l’élément dynamique de cet épisode, Shane Walsh, parti chercher des médicaments mais qu’on découvre cependant dans le pré-générique en train de s’occuper de sa coupe de cheveux. Une intro anti-dramatique en un sens. Le premier réflexe est de se dire que dans un épisode où un gosse est mourant et où les zombies rôdent, on n’a trouvé que cette salle de bain à nous donner ? Mais la tension est palpable. Qu’a donc encore fait Shane ? Sans doute un mauvais choix. A partir de là malheureusement il n’est pas très difficile de deviner ce choix, surtout quand l’action le concernant « saute » un chapitre pour y revenir ensuite. Du coup, en tout cas en ce qui me concerne, j’ai vu venir de loin la conclusion de l’épisode et sa « révèlation ». Celà dit, même en étant prévisible, cette fin a l’avantage de remettre Shane en place comme un élément de dangerosité de la série. Jusqu’ici son problème était surtout une question de rivalité amoureuse. Là, le public devient conscient (peut-être en même temps que le personnage lui-même) qu’il a définitivement quelque chose qui ne va pas avec Shane. On ne peut parler de bouleversements dramatiques dans le casting mais l’épisode laisse plusieurs personnages dans des états émotionnels assez différents. Maintenant que les dès ont été relancés, on est curieux de voir où ces choix vont les entraîner…

[Xavier Fournier]