Plusieurs séries Marvel de l’après Secret Wars s’arrêtent cette semaine et Web Warriors en fait partie. Cet épisode final, loin de se limiter aux seuls « web warriors » centraux à la série, utilise une véritable armée de « Spider-Men » et « Spider-Women ». L’occasion, peut-être, d’aller au bout du concept mais, hélas, c’est un peu tard.

Avant-Première VO: Review Web Warriors #11Web Warriors #11 [Marvel Comics]
Scénario de Mike Costa
Dessins de David Baldeon
Parution aux USA le mercredi 28 septembre 2016

2014, le crossover Spider-Verse bat son plein et Marvel est assez content pour donner le feu vert à une série du même nom, où le job de protecteurs du multivers revient à une demi-douzaine de versions alternatives de Spider-Man, parmi lesquels Spider-Gwen, May Parker (l’ex-Spider-Girl de MC2) ou encore le Spider-Man Noir ou Spider-Ham (le Spider-Cochon). Malheureusement, en l’espace de quelques mois l’élan sera perdu. D’une part parce que Secret Wars fait que les principaux protagonistes sont d’abord amnésiques, ensuite parce que Mike Costa ne tirera pas tout le parti d’un concept à la Exiles qui aurait permis de revisiter un certain nombre de « What If » populaire. Et enfin parce que les dessins d’André Lima Araújo étaient assez peu adaptés à la série. Le début de la série Web Warriors, se perdant dans une opposition contre une armée d’Electros, a scellé le destin de ces « guerriers de la toile ». Dommage, il y avait de l’idée, mais l’idée promise n’était pas là, en un sens. Sur cette fin de série, cependant, Mike Costa n’a plus grand chose à perdre et aussi une nécessité de régler un certain nombre de choses, d’où un ton à la fois plus global et plus dense. On sent que l’histoire avec Harry était visiblement mise en place pour donner lieu à un arc suivant. Au lieu de cela, le scénariste est bien obligé de tout refermer en l’espace d’un épisode mais cela ne nuit pas à la narration, au contraire, cela là renforce tandis que le casting des Spider-héros est plus riche. Au point qu’on a l’impression de lire un épisode double-size (alors que le nombre de pages est classique).

« You’re about to be beat-up by a pig. I heard all those bacon jokes. »

Même si ce dernier épisode est loin d’être parfait, il s’en tire largement avec une bonne dose de recul et d’autodérision, que ce soit Spider-Ham en arrivant à prévenir tous les gags qui le concernent ou surtout une façon très rock n’roll (que ne renierait pas Bryan Lee O’Malley) de sauver le multivers. Des personnages comme l’Oncle Ben ou Spider-Gwen ont l’occasion de peser sur les choses et de ne pas faire seulement de la figuration. Même si le style de David Baldeon se fait par endroit très cartoon (une nécessité selon les personnages employés) au point de devenir parfois anti-dramatique et d’estomper la tension, il n’en reste pas moins qu’il y a quelque chose d’énergique dans ce final. De là redouble nettement l’impression que Marvel tenait quelque chose avec cette série qui n’a pas été vraiment bien géré. D’un autre côté, il n’y a pas 36 manières de terminer une série. Il y a celles qu’on voit partir en chantant « hit the road Jack » et celles qu’on regrette. Faire passer celle-ci dans la seconde catégorie n’était pas gagné d’avance. Et pourtant Costa et Baldeon y arrivent. Les Spider-Men du multivers s’en vont alors qu’on se prend à se dire « dommage, il y avait un truc à faire ». Mais peut-être qu’à l’occasion on pourrait revoir les Web-Warriors dans les exploits de Spider-Man et de Spider-Gwen ?

[Xavier Fournier]