Après X-Men Gold et X-Men Blue, voici une troisième équipe de X-Men. Celle-ci semble plutôt construite sur les différentes versions de X-Force parues ces dernières années, avec Psylocke, Fantomex, Archangel, Bishop et d’autres héros du même ordre en bonne place. Mais c’est aussi la seule équipe de X-Men qui s’unisse pour répondre à un danger bien spécial.

Astonishing X-Men #1 [Marvel]
Scénario de Charles Soule
Dessins de Jim Cheung
Parution aux USA le mercredi 19 juillet 2017

Depuis plusieurs relaunch de la gamme X-Men, on distingue les séries/branches des X-Men selon des pôles d’appartenance. On a pu voir les uns se range derrière Wolverine, d’autres avec Cyclops. Ces derniers temps X-Men Gold symbolise un peu la continuité de l’équipe X-Men fidèle à l’école tandis que la Blue est composée certes des « jeunes X-Men originaux » mais se singularise parce que ses membres ne veulent pas suivre les mêmes cours. Astonishing X-Men, titre qui a connu plusieurs vies depuis Age of Apocalypse, renaît cette semaine selon une logique différente et en un sens plus classique. Les mutants qui la composent ne se retrouvent pas là « parce qu’ils s’aiment bien » ou parce qu’ils se « préfèrent » (un ou deux sont par ailleurs membre du groupe de Storm) mais bien parce que les circonstances les y force. Un cri d’alarme de Psylocke force les X-Men les plus proches à venir à son aide, quand bien même certains ont un passif compliqué avec elle. Si les Inhumans de Charles Soule ont été très inégaux, les Astonishing X-Men du même scénariste démarrent sur un ton très différent (on verra si cela se maintient). En fait Soule semble plus à l’aise avec les personnages, mieux les connaître. Par endroits, il s’amuse même à faire un clin d’œil au phrasé de Chris Claremont et à certains éléments constituant des héros. Le seul qui surprend un peu par rapport à ses représentations passées, c’est Bishop, utilisé ici comme une sorte de gardien des probabilités (avec une rencontre croustillante avec Logan). Mais l’ex-agent des XSE a été si mal utilisé cette dernière décennie que lui trouver une direction n’est pas un mal. L’épisode est vraiment bien pensé en termes de dialogues. Il suffit d’une ou deux phrases pour bien camper les protagonistes. Et Soule s’offre le luxe de revenir sur une intrigue amorcée par Lemire mais ensuite totalement oubliée.

« The apocalypse is secrets. »

Mais ce qui fait le show, d’emblée, c’est le dessin d’un Jim Cheung bien trop rare dans des séries régulières puisque souvent accaparé par des crossovers de Marvel. Cheung sait, de ce fait, jongler avec un grand nombre de personnages (Young Avengers: Children Crusade l’y avait bien préparé, il faut dire). Avec toute une ribambelle d’encreurs mais aussi le coloriste Richard Isanove, ils fournissent un travail fiable et détaillé, qui rend justice à cette branche (re)naissante des X-Men. L’ensemble tient vraiment la route et on se demande même si Astonishing ne ringardise pas d’emblée « Gold » et « Blue » tant ces personnages pensent d’abord à sauver les autres (même si Fantomex s’en défend) et seulement ensuite à des questions de factions. Reste que la présence de Mystique sur la couverture (alors qu’elle est absente à l’intérieur, au bénéfice apparent d’un autre mutant) laisse sans doute deviner une partie du scénario à venir. Inversement, la scène finale devrait particulièrement « parler » aux X-Fans de l’époque historique de l’équipe. Astonishing X-Men #1 se lit comme une très bonne déclaration d’intention et il faut voir maintenant si le ton va se maintenir dans les mois à venir. Un bon début et une bonne surprise.

[Xavier Fournier]