L’enchaînement des événements est d’autant plus inexorable que Gilbert Hernandez gère à merveille des postures raides, qui trahissent la fatigue et la dépression des personnages concernés. Et puis, comme ça, parce que Love & Rockets c’est le constant contraste, on zappe. On va ailleurs, on passe à un autre âge, quand Empress a un peu grandi, que son quotidien s’est amélioré, qu’elle vit à la ville… Mais que le monde, malgré ses beaux habits, se fait toujours aussi dur. Et puis encore on avance dans la vie mais tout garde la dureté d’une matraque en métal qui tombe pour venger un amour trahi. On ne sait jamais ce que réserve une simple journée à la plage. Le moindre moment de douceur est suspect, comme le pétale trop coloré, trop attirant, d’une fleur carnivore. Gilbert Hernandez multiplier les scènes de vie qui raconte une histoire, une histoire qui avance et qui raconte une vie, le cycle fonctionnant avec l’efficacité d’une boîte à musique qui ne jouerait que des airs meurtriers.
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