Avant-Première VO : Review Trinity: Blood On The Sands #1[FRENCH] Au quinzième siècle que faisaient les détenteurs du Darkness, de la Witchblade et de l’Angelus ? Ils s’affrontaient, bien évidemment, comme toujours. Mais les événements d’alors forment comme des échos de ce qui se passe actuellement dans l’univers de Top Cow…

Trinity: Blood On The Sands #1 [Top Cow] Scénario de Philip W.Smith II
Dessins de Sheldon Mitchell, Admira Wijaya, Tom Grindberg
Sortie américaine le 10 juin 2009

Trinity: Blood On The Sands #1Top Cow nous propose un nouveau numéro spécial qui voit trois talismans majeurs de son univers (la Witchblade, le Darkness et l’Angelus) évoluer dans le même contexte, en plein quinzième siècle et dans les dunes du désert. Tout ça s’assemble sous la forme de différents récits mis en images par des artistes au style radicalement différents, autant de « vignettes » assemblées sous le signe de la vengeance. Maintenant, si tout ça forme une seule et même continuité unie par le scénario de Philip W.Smith II, il y a des choses à prendre et à laisser. Tel que Sheldon Mitchell dessine le récit d’ouverture, par exemple, on a l’impression de se retrouver confronter à ce qu’était Top Cow il y a dix ans, alors que le label a plutôt bien évolué ces dernières années. En prime cette partie du scénario (une histoire de pacte avec le Darkness pour sauver une sœur enlevée) ressemble furieusement au plot de « Lodbrok’s Hand », autre spécial que Top Cow avait publié fin 2008. Le démarrage est donc un peu laborieux mais bien vite le deuxième segment vient remonter le niveau.

En effet, là où « Lodbrok’s Hand » avait réussi à intégrer la présence de l’élémentaire du feu (alors tout nouvellement établit dans le crossover Broken Trinity) dans le passé de l’univers Top Cow, Philip W.Smith II arrive à s’inspirer de la Guerre des Witchblades actuellement mise en scène par Ron Marz pour nous montrer l’inexorabilité de ce genre de conflit. Et à l’heure où, dans la série Witchblade, la situation est plutôt meurtrière, ce qui se passe ici est plutôt comme un présage sinistre. Sur ce tableau, ce segment joue effectivement les bonnes cartes, à plus forte raison parce qu’il est superbement illustré par Admira Wijaya. J’ose espérer que Top Cow saura continuer d’utiliser ce nouveau talent à bon escient.

Après Darkness et Witchblade, vous aurez sans doute deviné sans trop de mal que la troisième partie est consacrée à l’Angelus. Et là, la surprise est d’autant plus bonne que je ne garde pas précisément un bon souvenir du passage de Tom Grindberg chez Marvel il y a quelques années. D’emblée, il canalise un peu du style et des ambiances du Conan de John Buscema pour faire que cette partie du récit ait sa propre personnalité et qu’on se dise « j’en aurais bien pris tout un épisode du même tonneau, tiens ! ». D’autant que c’est un peu ce qu’on se dit en refermant le numéro car, forcément, vers la fin le scénariste doit conclure de manière un peu précipitée. Finalement « Blood On The Sands » est un peu à l’étroit dans la pagination d’un seul numéro. Peut-être que tout ça aurait mieux fonctionné dans le cadre d’une minisérie sur trois ou quatre épisodes dans lesquels le scénariste aurait alors eu la place de construire une histoire plus forte. Là, il faut bien dire que la personnalité des saynètes l’emporte sur ce qui devrait être un ensemble plus typé. Cela dit en ce qui me concerne les segments ont fait mouche deux fois sur trois et ce n’est pas une mauvaise proportion, même si j’aurais aimé une fin moins convenue.

[Xavier Fournier]