Avant-Première VO: Review Witchblade #141

[FRENCH] Witchblade utilise cette fois encore ses pouvoirs contre des monstres. Facile de tailler dans la masse quand il s’agit de créatures sauvages, qui l’ont bien cherché… Mais les patrons des monstres en question ne sont pas de vieux nécromanciens. Il s’agit d’enfants qui ne réalisent pas ce qu’ils font. Ce sont eux le véritable danger. Faudrait-il là aussi « tailler dans la masse ? »…

Witchblade #141 [Top Cow]
Scénario de Ron Marz
Dessins de Stjepan Sejic
Sortie aux USA le mercredi 19 janvier 2011

Tout ce qu’ils dessinent prend vie. Et les deux enfants investis de ce pouvoir en profitent pour écarter tous ceux qui leur déplaisent, qu’il s’agisse du concierge de l’immeuble ou des baby-sitters successives. La dernière en date se rend bien compte du problème mais n’ose rien dire, de peur d’être traitée de folle. Et pendant ce temps-là « Pezz » et Gleason affrontent les fruits monstrueux de l’imagination de ces enfants. Fondamentalement les bestioles connaîtront sans surprise le sort de la plupart des adversaires de Withblade. N’empêche que quand le côté physique de la bataille est terminé il reste un sacré problème à l’héroïne. Laisser les enfants divaguer, c’est un peu comme les autoriser à jouer avec une bombe atomique. Il faut prendre une mesure. Mais laquelle ? Se débarrasser d’eux ?

Le graphisme de Stjepan Sejic reste très irrégulier, les effets de couleurs cachant parfois des cases pas du tout construite… mais inversement dans d’autres pages on a de bonnes surprises avec des contre-jours ou d’autres mises en scènes qui, quand même, instaurent une ambiance. Les « enfants terribles » sont un archétype de la science-fiction et il existe plusieurs variantes. Il est difficile, cependant, de ne pas faire le rapprochement entre les deux gosses vus dans ce numéro et un mélange entre un antique épisode de The Twilight Zone (« it’s a good life » de 1961, retravaillé également dans le film tiré de la série) et « Fear Her », un épisode de Doctor Who où une fillette faisait disparaître les gens qu’elle n’aimait pas en les dessinant. Même si quelque part vers la fin se cache une pirouette, on appréciera que Ron Marz joue sur la dureté et le cynisme latent de son héroïne pour passer par un moment imprévisible. Après tout il est certain qu’elle est moins idéaliste qu’un Spider-Man ou qu’un Batman. Serait-elle capable de tuer les enfants si aucune solution alternative n’existait ? C’est ce flottement qui rend l’épisode intéressant.

[Xavier Fournier]

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