Tout titre Marvel (ou DC) actif un jour finira par revenir plus tard, ne serait-ce que pour entretenir la marque. Suivant cette logique il est presque étonnant que l’éditeur de comics soit resté plusieurs décennies sans ramener les West Coast Avengers. Kate Bishop, alias Hawkeye, s’étant récemment installée sur la côte ouest, elle réalise qu’elle est bien seule pour défendre ce côté des USA. Alors vient l’idée de réactiver cette branche oubliée des Avengers. Mais qui recruter ?

West Coast Avengers #1West Coast Avengers #1 [Marvel Comics]
Scénario de Kelly Thompson
Dessins de Stefano Caselli
Parution aux USA le mercredi 22 août 2018

Il faut croire que la scénariste Kelly Thompson a beaucoup regardé Sharknado ces derniers temps… et a un peu relu les Justice League International des 80’s au moins autant que les deux volumes originaux de West Coast Avengers. Sa résurrection de cette ancienne variante des Avengers est en effet basée d’une part sur des menaces baroques (des requins qui marchent envahissent les rues) et de l’autre sur des interactions plutôt comiques entre les membres de la nouvelle équipe. Kate/Hawkeye, consciente de ses limites, constate en effet que les dangers qui s’abattent sur l’endroit sont parfois bien au-delà du champ d’une héroïne équipée seulement d’un arc. Avec l’aide de l’autre Hawkeye, Clint Barton, elle décide donc de se lancer dans une opération de recrutement. Que les héros qui veulent défendre la côté Ouest les suivent ! Ms. America Chavez ou Fuse (l’homme-absorbant du pauvre et petit ami de Kate) sont déjà dans la boucle, il reste à trouver un ou deux membres de plus. Et c’est là force des WCA tels que pensés par la scénariste : même si les personnages qui les rejoignent n’ont pas franchement « l’odeur » des Avengers, ce n’est pas grave. C’est la tonalité du titre qui l’emporte sur la composition du groupe (d’où la comparaison avec la JLI). Gwenpool, par exemple, a au moins autant de détracteurs que d’admirateurs. Mais ce n’est pas grave, pas plus que le fait que Fuse est, à ce stade, un jeune héros sans la moindre personnalité. Ils participent, cependant, à un récit malicieux, avec une scène de casting homérique (ah, s’ils avaient embauché The Dark Paladin ou Silver Snowboarder !!!).

« Okay, now you’ve gone too far, Shark! That was my favorite taco cart! »

On a connu Stefano Caselli plus précis dans ses anatomies et dans ses angles de vue. Mais sans doute qu’il s’essaie à quelque chose de plus stylisé qui accompagne l’esprit de caricature qui, au moins à un certain degré, habite ce titre. Thompson et Caselli forment un tandem créatif agréable et homogène, mettant sur pied une équipe diversement motivée mais sympathique. Dans le contexte actuel, il y a déjà tout simplement trop de titres « dark » et un peu d’humour dans le ton est le bienvenu. On a un peu de mal à croire que ces nouveaux West Coast Avengers peuvent fonctionner sur le long terme et qu’on est parti pour une série qui pourrait durer plusieurs années. Mais en un sens, là non plus, ce n’est pas grave. Ce côté « on ne se prend pas au sérieux » fait que la balade semble promettre d’être sympa, quelle que soit la longévité du titre. Thompson et Caselli ne ramènent pas les « West Coast Avengers de papa » (encore que Clint Barton ne soit pas le seul membre d’origine qu’on y croise) mais ils font le job avec panache.

[Xavier Fournier]