[FRENCH] Abandonnée après avoir servie de cobaye à Mister Sinister une souche de la Phalanx commence à tout dévorer sur son passage avec une seule idée en tête : survivre et rétablir la communication avec les siens. Une menace que les X-Men vont devoir contenir sans avoir connaissance de ce que désire l’entité. Un épisode qui permet surtout de retrouver Brendan Peterson chez les mutants…

Uncanny X-Men #4 [Marvel Comics] Scénario de Kieron Gillen
Dessin de Brendan Peterson
Sortie aux USA le mercredi 4 janvier 2012

Le scénariste Kieron Gillen avait, dans les épisodes précédents, assez finement amené le fait que Mister Sinister avait connaissance de la Phalanx, cette race techno-organique largement dérivée de Warlock et de la Technarchy, un peu voisine des Borg de Star Trek ou des Cybermen de Doctor Who. La référence avait pour but de mettre en place le présent épisode où on découvre que Sinister s’est amusé pendant longtemps avec des souches de Phalanx dans son laboratoire, avant de les abandonner et de les détruire. Mais on élimine pas si facilement une forme de vie qui se nourrit de l’énergie vitale et le dernier survivant du détachement Phalanx remonte alors doucement la pente en assimilant les formes de vie qu’il peut croiser. Dans un premier temps les asticots mais rapidement les humains. Et là, forcément, c’est le drame. L’histoire est largement racontée du côté de la créature et tend à nous expliquer que si elle n’était pas privée de son moyen de communication elle saurait instaurer une forme de dialogue avec les X-Men, que tout ça ne déboucherait pas obligatoirement sur un combat. Une logique que Storm partage, regrettant de ne pas savoir ce que veut l’adversaire. L’histoire laisserait presque croire qu’il existerait une alternative à l’affrontement. L’idée est quand même un peu bancale car cette créature incomprise s’est quand même bouffé tout un quartier avant l’intervention des mutants et qu’à partir de là… Bref, oui Gillen chasse après une certaine émotion mais en même temps ce serait un peu comme dire qu’on peut ressentir de l’empathie pour un chien enragé s’il pouvait parler et nous dire ce qu’il a sur le coeur. La Phalanx tue et ça ne se limite pas à un problème de communication. La démonstration manque donc un peu sa cible. Mais en même temps l’épisode n’a rien de déshonorant…

Et puis il y a aussi le fait qu’on retrouve aux dessins un Peterson qui s’est fait trop rare dans les pages intérieures, étant ces derniers temps plus prolifique en termes de couvertures ou de pin-ups. Voilà longtemps qu’on ne l’avait pas vu sur les X-Men et les retrouvaillers artiste/personnages sont plutôt sympathiques. Je pense que cet épisode basé sur la non-communication aurait sans doute mieux fonctionné si on avait remplacé la Phalanx par une sorte de mutant « muet » ou coupé du monde. Si les X-Men s’étaient retrouvés à devoir éliminer un mutant à la suite d’un malentendu, l’histoire aurait sans doute été bien plus percutante. Mais sinon ca reste un bon épisode « standalone », qui se lit sans qu’on ait forcément besoin de savoir sur le bout des doigts la chronologie des X-Men.

[Xavier Fournier]