Dessin de Yanick Paquette
Parution aux USA le mercredi 6 mars
Revenu dans le présent, l’avatar du monde végétal arrive à temps pour empêcher Arcane de faire du mal à sa chère Abby. Mais les voies du destin sont parfois sinueuses et les options du couple vont radicalement se réduire au fur et à mesure qu’on progresse dans l’épisode. Scott Snyder installe les héros sur de véritables montagnes russes, entre le doux et l’amer, un peu à l’image d’un final de saison de Doctor Who, quand le rôle-titre en fait des tonnes pour sauver un de ses « compagnons » et n’emporte finalement qu’une victoire à la Pyrrhus. Snyder tire sa révérence en réalignant un certain nombre de choses dans l’univers de Swamp Thing et, au-delà, dans la cosmogonie élémentaire de DC Comics. Par exemple, je serais curieux de voir à l’avenir le Rot dans sa forme nouvelle mentionné dans d’autres séries. C’est un bel épisode (on aurait aimé plus de pathos au moment du sacrifice mais la chose est équilibrée par la découverte des corps un peu plus tard), qui vient conclure un crossover (Rotwordl) qui lui aura duré trop longtemps, comme nous avons pu déjà l’évoquer dans d’autres chroniques. En tout cas c’est une conclusion à la fois belle et triste qui a l’avantage de laisser libres les scénaristes futurs de changer l’optique de la série.
L’au-revoir de Snyder s’accompagne aussi de celui du dessinateur Yanick Paquette qui aura fait des merveilles sur ce titre (au point qu’on aurait bien aimé voir tous les épisodes porter sa patte)… Et là, clairement, il a décidé de donner un « bouquet » final éclatant. Les corps qui s’affrontent, qui se serrent… Les mains qui se séparent… Les textures végétales qui, parfois lorgnent ouvertement sur du Alfons Mucha et rejoignent, en ce sens, un peu J.H. Williams tout en restant fidèle au modèle que fut Steve Bissette. Bref, l’artiste s’est surpassé sur cet ultime épisode. Pas question de faire les choses à moitié, c’est évident. Parfois nous auront trouvé certains arcs un peu long, c’est vrai. Mais souvent la série aura été bonne, excellente même. Et au moment de l’adieu les deux auteurs ne relâchent pas la pression. Bon courage à ceux qui devront les suivre. La barre est haute !
[Xavier Fournier]
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