[FRENCH] Début du deuxième arc de Secret Avengers, qui, s’ajoutant au premier, nous permet de mieux distinguer ce qui fait le ton de la série. L’équipe gagne ainsi deux nouveaux alliés dans une atmosphère d’espionnage et d’exotisme qui convient tout à fait au titre, avec un Mike Deodato particulièrement à l’aise !

Secret Avengers #6 [Marvel Comics] Scénario d’Ed Brubaker
Dessins de Mike Deodato
Sortie aux USA le mercredi 27 novembre 2010

Secret Avengers, c’est un peu une équipe à la Defenders (ou Secret Defenders) avec une option « black ops ». Je n’écris pas cela parce que la Valkyrie fait partie des rangs des deux groupes mais bien parce que le groupe marche un peu comme une suite de plug-in qu’on réunirait selon les missions. Tout tourne autour de Steve Rogers, sorte de Jim Phelps du titre, qui compose selon l’ordre du jour. Bien sûr, cela on le savait dès les premiers épisodes mais il y a une différence entre le savoir et le ressentir. Peut-être que le côté « cosmique » du premier arc, avec une mission sur Mars qu’en d’autres temps les Mighty Avengers ou les Dark Avengers auraient pu remplir. Cette fois, avec l’ambiance espionnage qui pointe, on voit l’équipe s’installer dans son ambiance naturelle. Encore que le mot « équipe », comme je l’évoquais, est impropre pour décrire le fonctionnement de ce collectif…

Dans le même temps Brubaker se débrouille pour injecter deux nouveaux membres au groupe. Shang-Chi, le « Master of Kung-Fu », est sans doute le plus dur à intégrer dans la série. A plus forte raison parce que le scénariste en fait un personnage très offensif (qui ne tique pas quand il passe au sabre un adversaire) alors que j’en avais un souvenir plus contemplatif. Shang-Chi, dans la version classique, était plutôt du genre à s’interroger sur le moindre de ses actes. L’intégration semble se passer assez naturellement en ce qui le concerne. L’intrigue le pousse assez naturellement à prendre sa place dans la série. Mais je reste encore pas totalement convaincu par le caractère du héros (peut-être justifié par la suite, on verra). Là où « Bru » m’a plus convaincu, par contre, c’est dans sa représentation du père, très raccord avec ce qui pouvait s’écrire sur lui dans le passé. L’autre nouvel arrivant est le Prince of Orphans, personnage déjà cité dans la série Immortal Iron Fist co-écrite par le même Brubaker et on note que l’auteur continue à réunir des intrigues nées dans différentes séries (après la réapparition de John Steele dans les épisodes précédents). C’est plutôt bien vu et cette amitié entre les vétérans que sont Rogers et Aman semble augurer d’une toile de fond globale assez intéressante. Aux dessins Deodato semble bien plus à l’aise avec cette ambiance qu’il pouvait l’être sur Mars. On regrettera tout au plus que certains membres n’apparaissent pas ou peu mais sans doute que la lacune sera comblé dans les mois à venir. En tout cas c’est assez intéressant et les auteurs tissent quelque chose d’assez captivant à partir d’éléments en apparence sans rapport.

[Xavier Fournier]