[FRENCH] Avec la vie de Marko qui ne tient toujours qu’à un fil, est-ce que la babysitter fantôme arrivera à finir son sortilège à temps ? Et que fait The Will dans le plus grand bordel de la galaxie ? Saga continue sur l’excellent lancée des trois premiers numéros. Une science-fiction bourrée d’humour, de poésie et de vigueur !

Saga #4 [Image Comics] Scénario de Brian K. Vaughan
Dessins de Fiona Staples
Sorti aux USA le mercredi 20 juin 2012

Depuis les premiers numéros de la série on a pu faire la connaissance de The Will, mercenaire de l’espace presque chargé d’éliminer les héros de la série. Mais finalement la mission avait été donné à un de ses concurrents. De ce fait The Will s’intéresse à d’autres choses… Mais comme finalement on connait peu de choses sur le personnage et son code moral, on passe les premières pages à se demander comment interprêter réellement la quête du mercenaire. Est-il un tueur avec une conscience ou bien un salaud qui se donne un faux air de respectabilité ? Sa visite sur Sextillion va permettre, peut-être, d’entrevoir de quel côté son coeur balance. Brian K. Vaughan et Fiona Staples en profitent pour retrouver l’atmosphère de décadence baroque qu’on avait déjà pu noter dès le premier épisode, avec des extraterrestres, des anges, des démons de tous les sexes… Autant de personnages qui partouzent avec une turgescence non dissimulée. Le genre d’éléments sexués que Marvel (même en mode MAX) ou DC (même sous la bannire de Vertigo) ne diffusent pas. Sans que le sexe soit forcément au centre de cet épisode, ce décorum montre pourtant bien que la série n’aurait pas pu être aussi folle si elle avait été régulée par l’un des big two…

En parallèle des tribulations de The Will, le reste de la distribution (le couple, leur bébé et leur babysitter) jouent au contraire la carte de l’intimité, avec une évocation fugace du passé de Marko au centre d’une scène de ménage qui fait que les personnages (quand bien même il s’agit d’amants extraterrestres ou de spectres) sont terriblement humains. Brian K. Vaughan continue de laisser grandir une histoire totalement basée sur les réactions des personnages. Du coup se dégage un grand sentiment empathique même si on ne sait pas où vont les auteurs. Et c’est tant mieux ! Même après la conclusion de ce numéro nous ne sommes pas encore totalement sur que Vaughan prépare The Will a rejoindre le camp des bons. Peut-être au contraire s’agit-il de donner un peu d’humanité au méchant de service ? Allez savoir. Le scénario est une petite merveille de simplicité, d’efficacité, servi toujours avec la même classe par Fiona Staples qui sculpte un univers vraiment à part. Saga continue de captiver…

[Xavier Fournier]