Dessins de Scott Kolins
Parution aux USA le mercredi 26 août 2015
Je n’ai pas pris le temps de vous parler de Past Aways – série du scénariste Matt Kindt (MIND MGMT) et du dessinateur Scott Kolins (Flash) – ces derniers mois mais c’est pourtant un titre diablement intéressant et agréable à lire. Ses deux auteurs sont assurément chevronnés et nous donnent une histoire de voyageurs du temps qui, tout en utilisant des archétypes à la base, débouche sur quelque chose qui a peu d’équivalent dans les comics. Les Past Aways sont des voyageurs du futur arrivés dans le présent et qui en profitent à fond. D’abord ils ont une technologie bien supérieure à la notre mais en plus ils profitent d’effets secondaires du voyage, principalement le fait de ne pas pouvoir mourir à notre époque. Matt Kindt est un scénariste à l’écriture à la fois ambitieuse et organique. S’il fallait le placer quelque part avec cette série, ce serait à mi-chemin entre la fraîcheur des Guardians of the Globe de Robert Kirkman et les délires temporels de Jonathan Hickman. Pourtant, Kindt est moins elliptique qu’Hickman, ne perd pas de vue que la méthode mène à un but et ce sixième épisode de Past Aways le prouve avec un assassin qui veut tuer un des héros de la série et s’y prend en profitant d’une maladie bien particulière, qui lui fait vivre en boucle les 15 dernières minutes écoulées. A la manière du héros du film Edge of Tomorrow (mais sur une période plus concise), l’adversaire a donc le loisir de revoir à volonté sa copie, d’essayer encore et toujours de tuer. Il n’y a pas que des questions de temps dans cette histoire. Kindt et Kolins s’amusent ainsi à créer toute une technologie comme, par exemple, l’escalier intelligent qui vous fait descendre alors que vous croyez monter…
Scott Kolins est un dessinateur efficace et expressif, on le sait de longue date. Mais parfois, sous la pression, son trait a pu se faire trop « esquissé » sur certains projets passés. Ici il n’en est rien. Maître de son travail, loin des gros studios, il livre ici quelque chose de beaucoup plus focalisé. Si bien d’ailleurs que la scène d’introduction a un peu l’allure et le découpage d’un Dave Gibbons. Il s’amuse lui aussi beaucoup avec ce concept de scène qui se répète mais jamais de manière totalement identique. La fin de l’épisode délivre deux réalisations, une à l’attention des héros… et l’autre, en oblique, dirigée vers le lecteur. Une très bonne série, qui gagnera sans doute à être lue en TPB.
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