[FRENCH] L’imaginaire du Far-West se satisfait assez peu des bons rapports de voisinages et des lendemains qui chantent. Le Western préfère les histoires de vengeances, de pistolets qui tonnent et de héros sans pitié. Pale Horse vient s’inscrire dans ce genre, quelque part entre le Impitoyable de Clint Eastwood… mais aussi avec un petit côté Lone Wolf & Cub au passage…

Pale Horse #1 [Boom] Scénario de Michael Alan Nelson
Dessins de Christian Dibari
Sortie aux USA le mercredi 16 juin mai 2010

Sa femme ayant été violée puis assassinée, un cow-boy se venge et punit les coupables de façon sanglante. S’il avait le faciès de John Wayne ou de Henry Fonda, l’histoire s’arrêterait là, le héros pourrait se concentrer sur l’éducation de son jeune fils. L’ennui c’est que, le cow-boy en question étant noir et son épouse étant indienne, la populace retient surtout qu’un « homme de couleur » vient d’abattre plusieurs blancs pour venger une squaw qui n’en valait pas la peine. Du coup l’histoire, en un sens, ne fait que commencer une fois la vengeance exercée, quand le système décide de faire de Cole (le héros de la série) un hors-la-loi. Il lui fait donc prendre la route, devenir un mercenaire et chasseur de prime errant… Tout en distillant une éducation bien particulière à son jeune fils. C’est l’effet « Lone Wolf & Cub » dont je parlais plus tôt, mâtiné à la sauce western.

Michael Alan Nelson, scénariste très productif chez Boom, est visiblement très inspiré par le sujet de ce héros sans pitié, qui privilégie les coups vicieux. Du point de vue de l’histoire, Pale Horse est une bonne lecture si vous appréciez déjà, par ailleurs, le Jonah Hex de DC ou le Man With No Name de Dynamite. En termes de dessins Christian Dibari livre un travail intéressant bien que parfois il ait de curieux rapports de proportions (dans la scène du bar, par exemple, Cole ressemble à un géant si on le compare aux personnes assises à table)… Encore que cela tient peut-être à un effet de style, une sorte de mise en image qui, par moment, tient plus de l’expressionnisme. Curieux de voir où les aventures de Cole et de son fiston vont les attirer. En tout cas ce début est déjà bien campé et appétissant…

[Xavier Fournier]